Nouvelle affaire dans la longue série d'enlèvements liés aux cryptomonnaies en France. Lundi, une mère et son fils d'une dizaine d'années ont été enlevés à leur domicile en Bourgogne. Ils ont été libérés mardi matin par le GIGN dans une chambre d'hôtel du Val-de-Marne. Le père, entrepreneur crypto, était la vraie cible. Sept hommes ont été placés en garde à vue.
Une intervention du GIGN à l'aube
Tout a démarré lundi, quand des ravisseurs ont enlevé la mère et son fils à leur domicile de Bourgogne. Les deux victimes ont été conduites dans une chambre d'hôtel du Val-de-Marne, à plusieurs centaines de kilomètres. Mardi matin, aux alentours de 6 heures, le GIGN est intervenu et les a libérés sains et saufs.
Le père de famille, entrepreneur dans la crypto, était la vraie cible de l'opération : c'est à lui que les ravisseurs ont réclamé une rançon de plusieurs centaines de milliers d'euros. Elle n'a pas été versée. Sept hommes ont ensuite été placés en garde à vue, selon le parquet de Paris, avec une enquête menée par la section de recherche de la gendarmerie parisienne.
Une énième affaire dans la vague crypto française
Ce nouvel épisode s'ajoute à une série qui dure depuis fin 2024. Le cas le plus médiatisé restera sans doute celui de David Balland, cofondateur de Ledger, enlevé en janvier 2025 avec une rançon de 10 millions d'euros en cryptos et un doigt sectionné.
En mai 2025, le père d'un crypto-millionnaire a été enlevé en plein Paris, avec une rançon de 5 millions d'euros. Les autorités ont recensé plus d'une trentaine d'affaires entre 2024 et aujourd'hui, et une juge d'instruction a réuni en mars plusieurs dossiers dans une même procédure, en partant de l'hypothèse d'une organisation criminelle structurée qui recruterait ses petites mains via des messageries chiffrées comme Signal ou Telegram.
Un message clair des autorités
Le ministre de l'Intérieur Laurent Nuñez a salué l'opération sur X, en remerciant dans la foulée les enquêteurs de la gendarmerie et en rappelant la longue série d'interpellations en cours dans le milieu crypto. La rançon n'avait pas été versée avant l'intervention, ce qui est assez classique dans ce genre de d'affaire : ne pas payer, gagner du temps, laisser les enquêteurs travailler.
Pour les entrepreneurs du secteur, cette nouvelle affaire rappelle quelques règles de base : ne pas afficher sa réussite partout sur les réseaux, sécuriser son domicile, et éviter de laisser traîner des informations trop personnelles sur les réseaux sociaux. Certains ont déjà commencé à investir dans de la protection privée, voire à quitter la France pour des pays jugés considérés comme plus discrets.
On en dit quoi ?
Ça commence à faire beaucoup. Depuis fin 2024, la France à elle seule concentre la majorité des enlèvements crypto recensés en Europe de l'Ouest. La bonne nouvelle, si l'on peut dire, c'est que cette intervention du GIGN s'est à nouveau conclue par une libération sans blessés, et que les arrestations semblent désormais rapides. Sauf que les entrepreneurs du secteur restent des cibles faciles. Donc méfiance, si vous avez beaucoup de bitcoins.