Huawei a lancé en Chine sa série Mate 90, avec une idée qu'aucun autre fabricant n'avait osée : un vrai objectif photo de 1 pouce qui se visse directement au dos du téléphone. On y trouve aussi des puces Kirin, un écran d'une luminosité record et des tarifs qui grimpent très vite.
Un vrai objectif qui se visse
L'accessoire s'appelle Ruiying Z10 et il ne ressemble à rien de connu. C'est un bloc de 346 grammes qui vient se fixer autour du module photo, avec un capteur RYYB de 1 pouce et 50 mégapixels, un zoom qui couvre de 24 à 240 mm et une ouverture variable de f/2.0 à f/4.5. Le téléphone, lui, ne sert plus qu'à l'alimentation, au traitement d'image et à l'affichage. Sauf que Huawei réserve cet objectif aux éditions Collector du Mate 90 Pro Max et à la version RS, et le facture 5 999 yuans, soit environ 790 euros. C'est le prix d'un Mate 90 de base, pour un objectif.
Et le téléphone dans tout ça ?
Le Mate 90 Pro Max récupère le plus gros morceau. Son téléobjectif périscopique grimpe à 200 mégapixels, et son écran OLED double couche revendique 12 000 nits en pointe, de quoi rester lisible en plein soleil. Huawei garde aussi son obsession de l'ouverture variable : le capteur principal passe de f/1.4 à f/4.0 selon la lumière. Les batteries ne descendent pas sous les 6 600 mAh, et HarmonyOS 7 a coupé les derniers ponts avec Android.
Mais d'où sortent ces puces ?
Le Mate 90 se contente d'un Kirin 9030, le Pro passe au Kirin 9035 et les versions les plus chères étrennent le Kirin 9050 Pro, une puce à l'architecture empilée en 3D que Huawei fait graver en Chine sur un procédé équivalent à du 7 nm. On est loin des 2 nm que TSMC réserve à Apple et Qualcomm, mais pour une entreprise privée des machines de gravure les plus avancées depuis 2019, le rattrapage est quand même impressionnant : l'écart avec Apple se réduirait à trois ans environ, contre quatre auparavant. Comptez 5 999 yuans pour le Mate 90, 6 999 pour le Pro et 9 499 pour le Pro Max, autour de 1 250 euros pour ce dernier. Rien n'est prévu par chez nous pour le moment.
On en dit quoi ?
Cet objectif à visser est l'idée photo la plus rigolote vue sur un smartphone depuis un moment, et on aimerait franchement pouvoir l'essayer. Le problème, c'est l'addition : il faut déjà s'offrir une édition Collector ou RS à plus de 10 000 yuans avant de pouvoir visser quoi que ce soit, du coup la note complète dépasse les 2 200 euros. C'est au niveau des puces que l'information est peut-être la plus intéressante : sept ans après les premières sanctions, Huawei aligne trois processeurs maison, un système complet sans Android et des idées que personne d'autre n'ose tenter. Tout ça reste cantonné au marché chinois, et pour une fois, on a de vraies raisons de le regretter.