Bose a officialisé le rachat de Skullcandy, la marque au logo tête de mort née en 2003 dans l'Utah. Le montant de l'opération est tenu secret, mais l'objectif ne l'est pas : aller chercher un public jeune qui ne mettra jamais 450 euros dans un casque à réduction de bruit, aussi bon soit-il.
Un mariage sans surprise
Ce rapprochement n'a surpris personne dans le petit monde de l'audio. Skullcandy, fondée en 2003 à Park City par Rick Alden, vend depuis vingt ans des casques et des écouteurs pensés pour les skateurs, les snowboardeurs et les joueurs, à des prix qui tournent en général autour de la moitié de ceux de Bose. Les deux maisons travaillent d'ailleurs ensemble depuis plusieurs années, avec un partenariat technologique qui permet à Skullcandy de vendre des produits estampillés "Sound by Bose", comme les écouteurs Method 360 ANC, qui coûtent une centaine d'euros, ou le casque Crusher 1080 ANC. Le rachat ne fait donc qu'officialiser une relation déjà bien installée.
Un montant bien gardé
Les deux entreprises refusent de donner le moindre chiffre. On sait quand même que le vendeur est un fonds géré par Mill Road Capital, une société d'investissement du Connecticut qui avait sorti Skullcandy du Nasdaq en 2016 pour près de 200 millions de dollars. Lila Snyder, la patronne de Bose, a été assez directe auprès de Wired : Skullcandy donne accès à une clientèle qui échappe en grande partie à la marque Bose. La marque à la tête de mort garde son nom, son siège de Park City et son patron Brian Garofalow, et Bose veut y injecter sa technologie, ses moyens et sa distribution mondiale.
Un grand ménage chez Bose
En 2023, Bose, qui n'est pas coté en Bourse, a vendu sa division professionnelle, celle qui fournissait la NASA et l'armée américaine. Fin 2024, le groupe a racheté McIntosh et Sonus faber, deux marques de hi-fi de luxe. Et en 2026, il a avalé l'autrichien StreamUnlimited en juin, puis l'australien Firelight Technologies début octobre, un éditeur dont le logiciel FMOD adapte le son d'un jeu vidéo à ce qui se passe à l'écran. En trois ans, Bose a donc lâché le matériel professionnel pour empiler les marques grand public, du très haut de gamme aux écouteurs à une centaine d'euros.
On en dit quoi ?
Bose aurait pu lancer sa propre gamme à petit prix, mais ça aurait abîmé des décennies d'image premium. Garder Skullcandy comme marque séparée, c'est vendre des écouteurs à une centaine d'euros sans mettre son nom dessus, à part la petite mention Sound by Bose. Apple fait la même chose avec Beats depuis 2014, et ça lui réussit plutôt bien. Côté produits, rien de neuf pour le moment : aucune annonce, aucune date, et les Method 360 ANC restent en vente. Mais si la réduction de bruit des QuietComfort descend un jour dans des casques deux fois moins chers, tout le monde y gagne, sauf peut-être la gamme Bose elle-même.