Spotify termine l’année sur une performance spectaculaire. La plateforme de streaming musical a enregistré un nombre record de nouveaux utilisateurs au quatrième trimestre et a multiplié par plus de trois son bénéfice net sur un an, confirmant l’efficacité de sa stratégie d’augmentation tarifaire.
Une croissance d’abonnés supérieure aux attentes
Au cours des trois derniers mois de l’année, Spotify a atteint 751 millions d’utilisateurs mensuels actifs, soit une hausse de 38 millions sur le trimestre. Les abonnés payants ont progressé de 9 millions pour atteindre 290 millions. Ces deux indicateurs dépassent les prévisions internes de l’entreprise.
Cette dynamique est particulièrement notable dans un contexte où Spotify a procédé à plusieurs hausses de prix dans le monde afin d’améliorer sa rentabilité. Jusqu’ici, les utilisateurs semblent avoir accepté ces ajustements sans ralentissement majeur des souscriptions.
Sur le plan financier, la transformation est nette. Spotify affiche un bénéfice net de 1,17 milliard d’euros au trimestre, contre 367 millions un an plus tôt. Le bénéfice par action ressort à 4,43 euros, bien au-dessus des attentes des analystes. Le chiffre d’affaires trimestriel atteint 4,5 milliards d’euros, en progression de 7 % sur un an.
À Wall Street, le marché a salué ces résultats : l’action a gagné 15 % à la clôture mardi à New York. Sur un an toutefois, le titre reste en recul d’environ 30 %, à contre-courant de la hausse de 18 % du S&P 500.
Des hausses de prix assumées
Ces performances s’inscrivent dans une stratégie complètement assumée : Spotify a relevé progressivement ses tarifs pour tendre vers une rentabilité durable, après des années de croissance financée par les volumes.
Aux États-Unis, son principal marché, l’abonnement Premium est passé le mois dernier de 11,99 à 12,99 dollars par mois. L’impact de cette hausse n’est pas encore intégré aux résultats publiés, ce qui pourrait soutenir les revenus des prochains trimestres.
Les grandes maisons de disques poussent depuis plusieurs années les plateformes musicales à relever leurs prix, estimant que les abonnements ont moins suivi l’inflation que ceux des services vidéo comme Netflix.
Nouvelle gouvernance, nouvelle ambition
Ce trimestre marque également une transition importante dans la gouvernance du groupe. Il s’agit du premier exercice complet sous la direction des co-directeurs généraux Alex Norström et Gustav Söderström. Le fondateur Daniel Ek, qui a dirigé Spotify pendant deux décennies, a officiellement quitté son poste de CEO en septembre pour devenir président exécutif.
Alex Norström a qualifié 2025 d’année d’exécution accélérée et présenté 2026 comme l’année de l’ambition renforcée. Rien que ça ! Mais la formule traduit la volonté du groupe d’entrer dans une nouvelle phase : moins centrée sur la conquête à tout prix, davantage orientée vers la rentabilité et la solidité financière.