La première Ferrari 100 % électrique sera dévoilée en mai prochain à Maranello. Son designer Jony Ive, ancien patron du design chez Apple, promet un extérieur aussi radical que l'habitacle, mais avoue être anxieux face aux réactions. Avec quatre moteurs, 1 000 chevaux et un prix au-delà de 500 000 euros, la pression est en effet maximale.
Un design pensé d'un seul bloc
Jony Ive et Marc Newson, cofondateurs du studio LoveFrom, travaillent avec Ferrari depuis cinq ans sur cette voiture. L'intérieur de la Luce a été dévoilé le 9 février à San Francisco, mais l'extérieur était caché sous un camouflage épais sur les prototypes aperçus en test. Interviewé par Autocar, Ive a quand même glissé quelques indices. L'intérieur et la carrosserie ont été dessinés simultanément, et le résultat forme selon lui un ensemble cohérent et singulier. Pas de design par comité ici, pas de départements qui travaillent chacun dans leur coin. Piero Ferrari, fils d'Enzo et actionnaire du groupe, a soutenu cette approche axée sur la pureté et la simplicité.
1 000 chevaux et zéro écran tactile
Si on regarde un peu la technique, la Luce embarquera quatre moteurs électriques, deux à l'avant de 141 ch, et deux autres à l'arrière de 416 ch, soit un total de 1 000 chevaux. Comptez 530 kilomètres d'autonomie grâce à une batterie de 122 kWh, et un 0 à 100 km/h en 2,5 secondes.
Et puis il y a l'habitacle, qui a fait pas mal parler depuis qu'il a été montré. Ive a pris le contre-pied total de la tendance actuelle en écartant le grand écran tactile central. À la place, des boutons physiques, des molettes, des interrupteurs. Le volant trois-branches en aluminium recyclé s'inspire des Nardi des années 50, la clé intègre un écran E Ink, et l'instrumentation utilise deux dalles Samsung OLED superposées qui bougent avec le volant. Le prix, lui, dépassera les 500 000 euros, vous pouvez donc commencer à appeler Cetelem.
Rendez-vous en mai à Maranello
La révélation complète de la voiture est prévue en mai à Maranello. Ive assure que la Luce est toujours clairement une Ferrari, mais avec une manifestation différente, fondée sur des convictions autour de la simplicité, on reconnaît bien les formules alambiquées de Ive. Marc Newson reconnaît que travailler sur un premier modèle électrique leur a donné une liberté qu'ils n'auraient peut-être pas eue autrement. La Luce sera une GT quatre portes et quatre places, avec une garde au sol proche de celle du Purosangue. Pour le reste, mystère complet. Ive préfère attendre que tout soit visible : Quand vous verrez l'ensemble, vous comprendrez qu'il y a un point de vue, une perspective. Wokay.
On en dit quoi ?
Ive qui se dit anxieux, c'est quand même surprenant pour quelqu'un qui a passé vingt ans à présenter des produits Apple devant la planète entière. Ça montre bien le poids du projet. Ferrari confie sa première électrique à un studio externe et assume par exemple d'écarter les écrans tactiles au profit du tout physique, c'est un gros pari. À plus de 500 000 euros, le ticket d'entrée est lourd. Maintenant, le vrai sujet, c'est comment sera accueillie la voiture dans son ensemble. On espère en bien, on ne voudrait pas que Ive nous fasse une crise de panique.