Le passage du périphérique parisien à 50 km/h date d'octobre 2024. Les premiers bilans montrent une baisse de vitesse de 22 % la nuit, un peu moins de bruit, et une accidentalité en recul. Par contre, en journée, la vitesse moyenne n'a quasiment pas bougé.
La nuit, on roule moins vite
Avant le changement de vitesse, la vitesse moyenne la nuit sur le périphérique tournait autour de 63 km/h. Elle est passée à environ 51 km/h, ce qui fait une baisse de 19 à 22 % selon les semaines. La limitation a donc un effet notable la nuit, quand le trafic est fluide et que les automobilistes roulaient effectivement au-dessus de 50.
En journée, c'est une autre histoire. La vitesse moyenne était déjà de 36 à 37 km/h avant la mesure, bien en dessous de la nouvelle limite. Elle est restée à peu près au même niveau. Ce qui veut dire que le 50 km/h ne change rien aux heures de pointe, puisque personne ne roulait à 70 de toutes manières.
Moins de bruit, surtout la nuit
Côté bruit, les capteurs de Bruitparif mesurent une baisse de 1,9 décibel en journée et de 2,3 à 4,3 décibels la nuit selon les secteurs. Pour donner un ordre d'idée, il faut une baisse d'au moins 3 décibels pour que l'oreille humaine perçoive une différence. Le gain de confort est donc perceptible la nuit, ce qui est très positif, mais reste assez limité en journée.
Côté accidents, la baisse est de 14 % sur les huit premiers mois. Le chiffre est intéressant, mais la Ligue de défense des conducteurs rappelle que l'accidentalité sur le périphérique était déjà en baisse de 16 % par an en moyenne depuis 2007, ce qui relativise un peu l'impact de la mesure. Le trafic a aussi diminué de 9 %, ce qui contribue mécaniquement à réduire les accidents.
Et la pollution ?
Pour le dioxyde d'azote, les résultats oscillent d'un mois à l'autre en fonction de la météo. Certains mois montrent une baisse, d'autres une hausse. Pour les particules fines, les concentrations ont même augmenté de 44 à 86 % pendant les mois avec peu de vent. Bref, les données ne permettent pas encore de conclure à un effet clair de la limitation de vitesse sur la qualité de l'air.
Et puis n'oublions pas qu'il y a eu l'ajout d'une voie de covoiturage en mars 2025, ce qui complique encore la lecture des chiffres puisque les deux mesures se superposent.
On en dit quoi ?
Le bilan est en demi-teinte. La nuit, la mesure a un vrai effet sur la vitesse et le bruit. En journée, ça ne change pas grand-chose, le trafic se chargeait déjà de ralentir tout le monde bien en dessous de 50 km/h. Côté pollution, c'est trop tôt pour y voir clair. En tous cas, Rachida Dati proposait de repasser à 70 km/h, on sait déjà que ça ne devrait pas être le cas du coup, vu le résultat des élections.