Sony Honda Mobility vient d'annoncer l'arrêt du développement de l'AFEELA 1 et de son futur SUV. La coentreprise créée en 2022 perd l'accès aux technologies Honda après le virage du constructeur japonais, qui a annulé trois véhicules électriques prévus pour le marché américain.
Un projet qui n'aura jamais vu la route
L'AFEELA 1 devait être la première voiture électrique issue du mariage entre Sony et Honda. Une berline haut de gamme affichée à environ 90 000 dollars, avec un argument original : la possibilité de jouer à la PS5 directement depuis l'habitacle via le Remote Play. Elle avait été présentée au CES en janvier, et les réservations avaient été lancées en Californie, avec un lancement attendu pour la fin 2026.
Sauf que Honda a tout remis en question. Le constructeur a annoncé mi-mars une révision complète de sa stratégie d'électrification, annulant au passage trois modèles électriques destinés aux États-Unis. Les droits de douane imposés par l'administration Trump et la concurrence chinoise de plus en plus agressive ont poussé Honda à revoir ses plans. Coût estimé de ce virage : près de 16 milliards de dollars.
Honda change de cap, l'AFEELA trinque
Pour Sony Honda Mobility, la conséquence est directe. La coentreprise dépendait de certaines technologies et ressources fournies par Honda pour mener à bien le projet. Sans elles, impossible de tenir le calendrier ni de commercialiser les véhicules comme prévu. Dans son communiqué, SHM explique ne plus avoir de voie viable pour mettre les modèles sur le marché comme initialement prévu. Les clients californiens qui avaient versé 200 dollars pour réserver l'AFEELA 1 seront intégralement remboursés.
Et la suite ? Sony et Honda assurent vouloir poursuivre les discussions sur l'avenir de leur coentreprise, sans donner plus de détails. Difficile de savoir si SHM survivra sous une autre forme ou si c'est tout bonnement la fin de l'aventure.
On en dit quoi ?
Visiblement, le rêve d'une voiture PlayStation aura fait long feu. On avait quand même du mal à imaginer Sony réussir là où tant de géants de la tech se sont plantés (coucou l'Apple Car), et le retrait de Honda confirme que le marché de la voiture électrique reste un terrain miné aux États-Unis avec les tarifs douaniers actuels.
Dommage pour le Remote Play en voiture, ça avait un petit côté rigolo. Mais bon, entre les droits de douane de Trump et la déferlante chinoise, Honda a probablement fait un calcul assez froid.