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Paris perd 18 000 voitures par an depuis dix ans et ce n'est pas fini

Par Vincent Lautier - Publié le

Le parc automobile parisien fond à vue d'oeil. Selon une étude de l'Atelier parisien d'urbanisme, la capitale perd environ 18 000 véhicules immatriculés chaque année depuis 2016, sous l'effet combiné de la ZFE et du coût de la vie. Depuis 1990, les Parisiens possèdent 31 % de voitures en moins. Et quand ils en achètent une, c'est d'occasion dans 88 % des cas.

Paris perd 18 000 voitures par an depuis dix ans et ce n'est pas fini


31 % de voitures en moins depuis 1990



Les chiffres de l'APUR sont très clairs. Depuis 1990, le nombre de voitures possédées par les Parisiens a chuté de 31 %. En petite couronne, la baisse est plus modeste (5 % en 35 ans), mais elle s'accélère depuis 2016. A Paris intra-muros, le parc recule d'environ 18 000 véhicules par an, soit 0,8 % en moyenne. En 1999, un ménage parisien possédait 0,73 voiture. En 2022, ce chiffre est tombé à 0,65. Les raisons sont connues : le prix des voitures et du carburant a grimpé, le stationnement coûte de plus en plus cher, et la politique anti-voiture de la mairie de Paris a fait le reste. Ajoutez le développement des transports en commun, le vélo en libre-service et l'autopartage, et le cocktail est complet.

Paris perd 18 000 voitures par an depuis dix ans et ce n'est pas fini


Des voitures plus vieilles et achetées d'occasion



Les Parisiens qui gardent une voiture la conservent plus longtemps. L'âge moyen des voitures de ménages parisiens est passé de 8 ans et demi en 2011 à 11 ans et 4 mois en 2025. Presque trois ans de vieillissement en quatorze ans. Et quand vient le moment du remplacement, c'est le marché de l'occasion qui rafle la mise : 88 % du parc automobile parisien en 2024 a été acheté d'occasion. Le neuf, visiblement, c'est pour les autres.

Les professionnels, eux, achètent toujours



Seul secteur qui résiste : les flottes professionnelles. Le parc des entreprises a progressé de 4,1 % par an en moyenne entre 2011 et 2025 à Paris. Les VTC, les livreurs, les artisans : tout ce petit monde a besoin de rouler. L'APUR précise quand même qu'une partie de ces véhicules immatriculés à Paris roule aussi en dehors de l'Ile-de-France, ce qui relativise un peu le chiffre. Mais la tendance est nette : les particuliers lâchent leur voiture, les pros en achètent davantage.

Paris perd 18 000 voitures par an depuis dix ans et ce n'est pas fini


On en dit quoi ?



La démotorisation des Parisiens est une réalité et elle ne date pas d'hier. Par contre, le fossé avec la banlieue est frappant : 31 % de baisse à Paris contre 5 % en petite couronne. C'est logique, quand on a le métro en bas de chez soi c'est plus facile de se passer de voiture que quand on habite en grande couronne sans gare à proximité. On aimerait bien que les alternatives à la voiture progressent aussi vite en banlieue qu'à Paris, parce que pour l'instant la démotorisation profite surtout à ceux qui ont déjà accès à tout.