Promis pour atteindre le million de véhicules autonomes fin 2026, le service Robotaxi de Tesla compte aujourd'hui à peine 34 voitures réparties dans trois villes texanes. Pire, les chiffres reculent fortement en Californie où la flotte passe de 165 à 9 unités en un mois. Pendant ce temps, Waymo en aligne près de 3 000 sur le territoire américain.
Trois villes, vingt voitures actives
Les chiffres compilés fin mai 2026 sont sans appel. Tesla n'a fait rouler que 20 véhicules autonomes sans superviseur humain sur les sept derniers jours, dont 14 à Austin, 3 à Dallas et 3 à Houston. Le total cumulé monte à 34 si on ajoute les voitures supervisées encore en opération. Côté Californie, c'est la débâcle : la baie de San Francisco passe de 107 à 9 robotaxis actifs en quelques semaines, et l'ensemble de l'État chute de 165 à 9 unités. Difficile de parler d'un déploiement à grande échelle quand on compare ces données aux promesses initiales d'Elon Musk, qui annonçait 1 000 Cybercabs quelques mois après le lancement d'Austin, et plus d'un million de Tesla autonomes en circulation d'ici fin 2026.
Des accidents qui freinent la cadence
Si la flotte ne grandit pas, c'est surtout parce que la sécurité pose problème. Tesla a enregistré quatorze déclarations d'accidents à Austin depuis juin 2025, dont cinq sur le seul intervalle décembre 2025 / janvier 2026. Rapporté au kilométrage, ça donne un accident tous les 92 000 kilomètres, soit quatre fois plus souvent qu'un conducteur humain moyen, lequel reste sous la barre d'un accident tous les 368 000 kilomètres. La situation est encore plus délicate en Californie, où la Commission des services publics rappelle que Tesla opère sous un permis de transporteur affrété, le même que celui des limousines, qui impose un conducteur humain au volant. Selon Pat Tsen, directrice adjointe à la Commission, Tesla n'exploite aucun service de véhicules autonomes dans l'État. C'est un problème pour une marque qui en a fait son argument commercial central.
Waymo prend des levants
Le contraste avec la concurrence est fort. Waymo, propriété d'Alphabet, fait rouler près de 3 000 robotaxis dans plusieurs villes américaines, et prépare déjà son expansion vers Atlanta, Miami et Washington. Pendant que Tesla peine à dépasser les 30 unités, le concurrent enchaîne les courses commerciales et accumule les données réelles. Conscient du retard, Elon Musk a repoussé son expansion majeure à fin 2026 voire début 2027, en attendant la version 15 du Full Self-Driving qui doit enfin permettre un déploiement massif. La promesse d'autonomie complète, répétée depuis bientôt dix ans, attendra donc encore un peu.
On en dit quoi ?
Il y a un gouffre entre les annonces et la réalité. Elon Musk avait juré 1 000 Cybercabs en quelques mois, on en compte 34 un an plus tard. Et encore, en additionnant les voitures supervisées. Le souci, c'est que chaque promesse non tenue fragilise un peu plus la crédibilité du discours sur le Full Self-Driving, alors même que Waymo, pendant ce temps, transporte des passagers payants à grande échelle depuis des mois. La version 15 du FSD sera-t-elle vraiment le déclic miracle ou faudra-t-il attendre la 16, la 17, et attendre quelques années ? Vous en pensez quoi ?