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Tesla lance enfin son FSD en Chine !

Par Laurence - Publié le

La visite du Donald Trump en Chine et sa rencontre avec le président chinois Xi Jinping a finalement porté ses fruits. Après plusieurs années de blocages réglementaires et de négociations avec Pékin, Tesla vient enfin d’activer son système Full Self-Driving (FSD) en Chine. Une étape stratégique majeure pour Elon Musk, mais qui arrive dans un marché où les constructeurs chinois ont déjà pris une avance considérable.

Tesla FSD CHine


Tesla débloque enfin le FSD en Chine



Tesla a confirmé cette semaine le lancement de FSD (Supervised) pour les clients chinois. Le déploiement met fin à un très gros retard liés aux exigences très strictes imposées par Pékin sur les données automobiles. La Chine exige notamment que toutes les données de conduite collectées sur son territoire restent stockées localement sur des serveurs chinois.

Tesla aurait ainsi passé plusieurs années à négocier avec les régulateurs tout en construisant ses propres infrastructures locales de traitement de données. Même si le nom reste controversé — puisque le système nécessite toujours une supervision humaine constante — le FSD représente l’offre logicielle la plus avancée de Tesla. Le logiciel peut gérer l’autoroute, circuler en ville, reconnaître les feux, tourner aux intersections, et naviguer dans des environnements complexes.



La belle avance des constructeurs chinois



Le problème pour Tesla est que le marché chinois a énormément évolué pendant cette attente. Xpeng propose par exemple son système XNGP dans des centaines de villes chinoises depuis 2023. NIO a généralisé son système Navigate on Pilot+ dès 2024. Même BYD accélère désormais fortement sur les technologies de conduite assistée.

Dans ces conditions, Tesla a perdu progressivement du terrain sur le plus grand marché mondial du véhicule électrique. Selon les données de la China Passenger Car Association, la part de marché de Tesla serait passée de 10,5 % en 2022 à seulement 6,7 % en 2025. Pendant ce temps, BYD contrôlerait désormais près de 28 % du marché chinois.



La bataille du logiciel et des donnée



La situation illustre surtout un énorme changement dans l’industrie automobile chinoise. Les consommateurs ne choisissent plus uniquement une voiture pour son autonomie, son design, ou son prix, mais aussi pour ses fonctions IA, son interface logicielle, ses assistants vocaux, et ses capacités autonomes.

Et sur ce terrain comme celui des robots ou de l'IA, les constructeurs chinois sont devenus extrêmement agressifs. Plusieurs systèmes développés notamment avec Huawei commencent même à rivaliser techniquement avec Tesla dans les environnements urbains.

Pour Tesla, le lancement du FSD en Chine ne concerne pas uniquement les fonctionnalités visibles. L’enjeu principal est aussi lié aux données. Chaque kilomètre parcouru avec le FSD permet d’alimenter les modèles IA de Tesla et d’améliorer ses réseaux neuronaux. Or pendant des années, l’entreprise a été privée d’un immense volume de données issues des routes chinoises. Dans une course mondiale à l’IA automobile, cet accès devient stratégique.



Qu’en penser ?



De nombreux observateurs estiment d’ailleurs que Pékin utilise les réglementations autour de la conduite autonome comme un véritable outil de politique industrielle. Les groupes chinois ont bénéficié de subventions, de zones de tests dédiées, et d’autorisations souvent plus rapides que les constructeurs étrangers. Même des groupes comme Mercedes-Benz ou BMW rencontrent encore des difficultés similaires.

Le lancement du FSD en Chine représente une victoire importante pour Tesla après des années de blocage. Mais la société n’arrive plus en pionnier. Pour la première fois depuis longtemps, Tesla doit désormais affronter des concurrents chinois extrêmement solides sur son propre terrain : le logiciel, l’IA et l’expérience utilisateur.