XPeng ne se limite plus à l'automobile électrique. Lors d'une présentation parisienne consacrée à ce qu'il appelle l'IA physique, le constructeur chinois a dévoilé le X2, un appareil volant biplace à décollage vertical, dépourvu de volant comme de manche, dont le pilotage est entièrement confié à une intelligence artificielle. La démonstration impressionne autant qu'elle interroge sur la sécurité réelle d'un tel engin.
Un eVTOL biplace entièrement automatisé
Le X2 appartient à la catégorie des eVTOL, ces aéronefs électriques capables de décoller et d'atterrir à la verticale sans piste, à la manière d'un hélicoptère miniature. Quatre rotors assurent la sustentation, une cellule en fibre de carbone limite le poids de l'ensemble, et le constructeur annonce une autonomie de l'ordre de 35 minutes en vol. L'habitacle ne comporte ni volant, ni manche, ni pédales : le passager indique sa destination, et le système de pilotage automatique gère seul le décollage, la trajectoire et l'atterrissage. C'est cette automatisation intégrale que XPeng a mise en avant à Paris, devant un public européen qui découvrait l'appareil pour la première fois.
Une autonomie courte et un mur réglementaire
Les 35 minutes annoncées laissent une marge étroite face à un imprévu météorologique ou à une déviation de trajectoire, sur un appareil censé transporter deux personnes en altitude. La fiabilité du pilotage autonome reste par ailleurs entière : aucun acteur n'a démontré, à grande échelle, qu'une IA pouvait conduire un aéronef habité au-dessus de zones urbaines avec une sûreté équivalente à celle de l'aviation classique. S'ajoute à cela la réglementation européenne, qui encadre très strictement le vol autonome habité et représente aujourd'hui un obstacle autrement plus lourd que pour une voiture sur route.
XPeng avance ses pions hors de la route
L'appareil s'inscrit dans une stratégie bien plus large. XPeng a monté une division entière dédiée aux engins volants, qui avait déjà présenté un module volant détachable embarqué dans un van, le Land Aircraft Carrier, et le groupe pousse l'intelligence artificielle comme principal argument de différenciation, du robotaxi jusqu'à la voiture volante. Côté route, ses berlines et SUV électriques continuent de se vendre solidement en Chine et débarquent progressivement en Europe. Le X2 parisien tient pourtant encore davantage du concept présenté que du produit prêt à rouler, ou plutôt à voler.
On en dit quoi ?
Honnêtement, on a du mal à imaginer un de ces engins survoler nos villes avant longtemps. La prouesse technique est bien réelle, mais entre une autonomie de 35 minutes, une sécurité qui reste à prouver et une réglementation européenne taillée pour garder ce type d'appareil cloué au sol, le X2 ressemble surtout à une vitrine destinée à montrer le savoir-faire de XPeng en matière d'IA. Vous y monteriez, vous, sans volant pour reprendre la main ?