Un nouveau triangle rouge va faire son apparition à la rentrée sur les routes du Haut-Jura, avec une silhouette de lynx à la place du traditionnel cerf qui bondit. Autorisé par un arrêté publié fin juillet, ce panneau expérimental sera posé entre septembre et octobre, puis testé pendant trois ans sur dix sections de routes nationales, là où le félin le plus menacé de France se fait percuter.
Un triangle rouge avec un félin dedans
Le panneau reprend le format A15b du code de la route, celui qui prévient d'un passage d'animaux sauvages, mais son visuel a été redessiné pour montrer un lynx et son petit. Le message reste le même pour le conducteur, du danger animalier, avec une précision de taille : dans ces zones, une bonne partie des animaux qui traversent sont des lynx. Les dix sections retenues se trouvent dans le parc naturel régional du Haut-Jura, sur la RN5 entre Champagnole et Les Rousses côté Jura, et sur la RN57 entre Pontarlier et la frontière suisse côté Doubs.
Trois formules testées pendant trois ans
L'expérimentation ne se contente pas de poser des panneaux au hasard. Trois configurations vont être comparées : le panneau seul, le panneau accompagné d'un panonceau qui indique la longueur de la zone à risque, et une version complétée par une vitesse conseillée, sans toucher à la limite autorisée. La Direction interdépartementale des routes Est se charge du déploiement, et le Cerema, l'organisme public expert des infrastructures, a écrit le protocole d'évaluation. Les résultats des trois formules seront comparés à l'issue de l'expérimentation.
Miaou
C'est la voiture qui tue le plus de lynx
Le lynx boréal ne compte qu'environ 150 adultes en France. Les collisions routières sont sa première cause de mortalité connue. Les suivis officiels détectent une vingtaine de collisions par an sur la dernière décennie, et 2025 a été la pire année du lot, avec 22 lynx percutés selon le centre Athénas, l'association qui soigne l'espèce dans le Jura. Le massif jurassien concentre d'ailleurs l'essentiel des accidents recensés, alors qu'il héberge près de 80 % de la population française du félin.
On en dit quoi ?
On aime bien la méthode. Comparer trois configurations avec un protocole écrit à l'avance paraît plus sérieux que de poser un panneau et de passer à autre chose. Mais une vitesse conseillée n'oblige personne, et l'automobiliste pressé qui rentre de Suisse à la nuit tombée ne lèvera pas forcément le pied. Les passages à faune et les détecteurs d'animaux restent hors de prix, du coup ce panneau fait surtout office de solution d'attente.