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Péage sans barrière : les pénalités de retard rapportent quatre fois plus que le péage lui-même

Par Vincent Lautier - Publié le

Le péage en flux libre devait fluidifier l'autoroute en faisant sauter les barrières. Sauf que pour l'automobiliste sans télépéage, il vire vite au piège, avec 72 heures pour payer sous peine de voir la note grimper jusqu'à 375 euros. Un système si rentable que les majorations s'apprêtent à rapporter bien plus que les péages eux-mêmes.

Péage sans barrière : les pénalités de retard rapportent quatre fois plus que le péage lui-même


Comment une bonne idée se transforme en piège



Le principe du flux libre est simple sur le papier. Fini les barrières, des portiques équipés de caméras lisent votre plaque au passage et vous laissent filer sans lever le pied. Si vous avez un télépéage ou un compte relié à votre immatriculation, tout se règle automatiquement. Mais si vous n'avez rien de tout ça, c'est à vous d'aller payer sur internet dans les 72 heures qui suivent. Beaucoup l'ignorent, oublient tout simplement, ou ne saisissent pas la signalétique souvent rédigée en français seulement, ce qui coince pas mal d'étrangers de passage.

Péage sans barrière : les pénalités de retard rapportent quatre fois plus que le péage lui-même


Des majorations qui donnent le vertige



Passé le délai de trois jours, une première indemnité de 10 euros vient s'ajouter au tarif si vous réglez dans les quinze jours. Ensuite, la facture s'envole, puisqu'elle grimpe à 90 euros au-delà, avant d'atteindre 375 euros après deux mois, avec un dossier transféré au tribunal de police. Résultat, la SANEF, qui exploite l'A13 et l'A14, a encaissé 25 millions d'euros de pénalités sur la seule année 2025, rien que sur son réseau Paris-Normandie.

Quand la pénalité devient le vrai business



Le plus fou vient de la concession du Mont-Blanc. Ses projections pour 2029 tablent sur 4,8 millions d'euros de péages payés dans les temps, mais sur 18,9 millions d'euros de pénalités, soit près de quatre fois plus. En clair, le retard de paiement rapporte davantage que le trajet lui-même. Au lancement du dispositif, la moitié des conducteurs non équipés ne payaient pas, et ce sont les amendes bien dissuasives qui ont fait tomber ce taux à 16 % selon le ministère des Transports.

On en dit quoi ?



Difficile de ne pas grincer des dents devant un système qui transforme un oubli de trois jours en véritable machine à cash. L'idée de fluidifier le trafic est bonne, mais quand la sanction rapporte quatre fois plus que le service rendu, on peut se demander si le but est encore de faire payer les gens ou surtout de les faire trébucher. Bonne nouvelle quand même, les députés doivent examiner à la rentrée un amendement pour porter le délai sans pénalité de 72 heures à un mois entier.