Les chiffres d'août 2026 confirment une bascule que plus personne ne peut ignorer. Les voitures électriques neuves ont représenté 38 % des immatriculations le mois dernier, en progression de 113 % sur un an, quand le diesel s'effondre à 2 % de parts de marché. Le marché du neuf, lui, progresse de 7 % avec 94 351 immatriculations.
Près de quatre voitures neuves sur dix roulent désormais à l'électrique
Le chiffre a de quoi surprendre quand on se souvient des débats d'il y a quelques années. Avec 36 159 immatriculations en août, l'électrique capte désormais 38 % du marché des voitures neuves, et sa progression atteint 113 % sur un an. Depuis janvier, ce sont 322 097 voitures électriques qui ont été mises à la route, soit 30 % du total et une hausse de 74 %. Le mouvement touche d'ailleurs aussi bien les particuliers que les entreprises, puisque les deux affichent une part de marché identique de 42 %. Côté modèles, le Tesla Model Y domine largement le classement du mois avec 4 622 unités, devant la Renault 5 et ses 2 316 exemplaires, le Scenic V, la Twingo IV et la Citroën e-C3.
Les aides publiques font tourner la machine
Cette accélération ne tombe pas du ciel. Le leasing social a rouvert ses portes le 16 juillet avec 50 000 voitures proposées à 200 euros par mois maximum, et l'aide « coup de pouce » CEE, revalorisée cette année, peut grimper jusqu'à 5 700 euros, sans compter la prime batterie européenne.
Résultat, les ventes aux particuliers bondissent de 23 % et repassent au-dessus de la barre symbolique des 50 %, à 52 % du marché. Dans le même temps, la fiscalité augmente sur le marché des voitures thermiques. Le malus CO2 se déclenche aujourd'hui dès 108 grammes par kilomètre contre 113 l'an dernier, avec un plafond porté à 80 000 euros, et le malus au poids s'applique désormais à partir de 1 500 kilos.
L'essence et l'hybride encaissent le choc
Le revers de la médaille est une forte baisse pour les motorisations classiques. L'essence recule de 40 % avec 10 903 immatriculations et ne pèse plus que 12 % du marché, pendant que le diesel dévisse de 58 % et tombe à 1 816 unités, soit 2 % à peine. Même l'hybride, longtemps présenté comme la transition idéale, marque le pas avec 45 % du marché en repli de 8 %. Les hybrides rechargeables souffrent en particulier du malus au poids, leur abattement étant limité à 200 kilos. Sur le marché de l'occasion, la tendance est un peu différente, avec 356 008 transactions en baisse de 5 %, même si l'électrique y progresse de 32 %.
On en dit quoi ?
La bascule est très claire, et elle est allée bien plus vite que prévu. Voir le diesel réduit à 2 % du marché français du neuf a quelque chose de vertigineux quand on pense qu'il représentait plus de sept ventes sur dix il y a une dizaine d'années. Reste que cette dynamique tient beaucoup aux aides publiques et à la pression fiscale, pas seulement à l'enthousiasme des acheteurs. Le jour où le leasing social fermera ou où le coup de pouce sera raboté, on verra vraiment où en est le marché. Et pour Tesla, dont le Model Y écrase encore le classement, c'est une belle revanche après des mois qu'on disait compliqués. Et vous votre prochaine voiture ? Elle passera à la pompe ou à la prise ?