Depuis quelques mois, Tesla propose une déclinaison énervée de son SUV baptisé Model Y Performance. A première vue, on pourrait croire qu'il se destine uniquement aux "papas pressés", mais pas seulement !
Suspensions adaptatives, sièges inédits, ... Et si ce Model Y était finalement la meilleure version ?Après plus de 2000 km, dans la neige en Suisse et dans le Sud de la France, il est l'heure du verdict !
Un look plus affirmé
Si la couleur rouge n'a rien d'inédit à cette version, elle permet de faire ressortir tous les éléments noirs spécifiques, notamment les jantes, les coques de rétroviseurs ou encore le large diffuseur à l'arrière.
D'ailleurs, les différences esthétiques sont nombreuses par rapport à la version classique, avec notamment :
• Un carénage avant et arrière • Des nouvelles jantes forgées Arachnid 2.0 de 21 pouces en monte décalée, avec enjoliveurs Aero intégrés (Les pneus sont en effet en 275 35 21 à l'arrière et 255 35 à l'avant ) • Des étriers de frein rougesPerformance • Un badge Performance sur le hayon
• Un éclairage d'accueil avec badge Performance • Des coques de rétroviseurs avec finition noire brillante • Et un aileron arrière en fibre de carbone pour une meilleure stabilité à grande vitesse dixit la marque. Attention tout de même aux lavages au rouleaux car il a souvent tendance à se détacher.
Niveau look, ce Model Y apparait donc un peu plus méchant que la version Premium, même si le coup de crayon reste plus consensuel que sur les modèles énervés (C63, M...) chez BMW ou Mercedes.
Imposant mais plus confortable
Côté dimensions, peu de différences, on reste sur 4m80 de long, 1,92m de large (sans les rétros), le Model Y reste un gros bébé difficile à manoeuvrer en ville.
Son rayon de braquage de plus de 12m n'aide pas, d'autant qu'ici, pas de roues arrières directrices... et une visibilité 3/4 arrière assez médiocre. Même dans le rétroviseur principal, on ne voit pas grand chose, alors que la concurrence généralise de plus en plus les rétro-caméras.
En revanche, la voiture est légèrement rabaissée, 17,2 cm pour la version standard, contre 15,7 cm pour cette Performance. C'est parfois réellement handicapant si vous aimez sortir des sentiers battus ou sur la neige, car la garde au sol n'était déjà pas folle sur le Y classique.
En revanche, comme pour la Model 3 Performance, on gagne ici des suspensions pilotées, et pour le confort, ça change tout ! Ironiquement, cette version est sans conteste la plus douce en ville, car Tesla adapte la dureté des amortisseurs en fonction de la vitesse et du terrain.
Pour le reste, on retrouve toutes les technologies embarquées de Tesla, comme la pompe à chaleur de série, les feux matrix LED, les nombreuses caméras pour la conduite autonome, le mode sentinelle et le parking ou encore la clef sur smartphone.
Mieux encore, ce modèle profite d'une nouvelle caméra devant qui est bien utile pour se garer, car Tesla n'a toujours pas remis les capteurs ultra-sons sur les côtés. C'est un vrai problème dans les garages très serrés, comme nous avons à Paris ou dans les centre-villes.
Toujours un vrai SUV familial
Lorsqu'on achète une familiale, c'est aussi pour pouvoir caser 5 personnes et leurs bagages sans devoir installer un coffre de toit. Et là où la concurrence a tendance à empiéter sur le confort et l'espace à bord, rien de tout cela chez Tesla !
Ici, le Model Y conserve ses qualités en matière de coffre et d'habitabilité. Avec 854L et 117L de frunk à l'avant, c'est tout simplement le meilleur chiffre du marché. Tesla optimise chaque emplacement comme le sous-coffre ou encore les ailes, pour récupérer un maximum d'espace disponible. Certains modèles plus volumineux (Mercedes EQS SUV, Audi Q6) offrent parfois plusieurs centaines de litres en moins !
Si vraiment ces volumes ne vous suffisent pas, vous pouvez placer une galerie de toit assez facilement, ou encore un coffre et une remorque sur l'attelage, qui peut tracter jusqu'à 1600Kg freinés.
Plus rapide qu'un Lamborghini Urus
Est-ce que vous me croyez si je vous dis que ce Model Y Performance à 62000€ est plus rapide que la quasi totalité des SUV thermiques sportifs du marché ?
Lamborghini Urus, quasiment tous les Porsche Cayenne, Range Rover SvR, Audi SQ5, Mercedes GLC 63 AMG… Malgré ses petits 460 chevaux officiels (valeur nominale), le moteur du Model Y taquine certainement les 550 à 600 chevaux en pic.
Cela permet d'offrir des performances de super-sportive :
• 0 à 100 km/h en 3,5s • VMax 250Km/h
Avec un poids de seulement 2033kg, il peut même se targuer d'être plus léger que ses cousins thermiques, malgré les 500Kg de batteries ! Alors certes, avec 2 tonnes sur la balance, la "sportivité" est toujours discutable, mais l'on ne peut plus reprocher aux SUV électriques d'être handicapés par leurs poids.
Sur la route, notre Y Perf se montre d'ailleurs plutôt agile. Il vire presque à plat en courbe et les relances sont impressionnantes. Le roulis est très contenu, surtout lorsqu'on active le mode sport débridé, ce qui ne sera pas forcément du goût des passagers arrière.
L'avantage des suspensions pilotées est de pouvoir repasser en mode confort à la demande, ce qui sera nettement plus agréable pour les jeunes passagers sur les petites routes de montagne.
Seul le freinage est à la peine, une constante chez Tesla : la pédale manque de mordant et de progressivité, il faut vraiment écraser le frein pour stopper l'engin rapidement. On aurait sans doute aimé un "pack piste" avec de gros étriers et des pneus Cup par exemple.
Autonomie... moyenne
Tesla est réputée pour ses consommations frugales et ses autonomies impressionnante à haute vitesse, sans forcément greffer aux véhicules une énorme batterie.
Ici, le Model Y Performance bénéficie malgré tout d'un accumuleur LG de 84 kWh net, soit environ 90 kWh brut : on se rapproche donc lentement des 100 kWh de feu le Model X.
Malgré cela, l'autonomie annoncée n'est que de 580km contre 600 à 622 pour les versions Grande Autonomie AWD et Propulsion, dont la batterie est plus petite. Sur le papier, la différence est modeste, mais durant nos tests, les consos restaient assez élevées, souvent entre 22 et 24 kWh/100Km à 130Km/h. Certes, nous sommes en hiver, et notre modèle était monté en pneus neige, mais nous avons eu du mal à dépasser les 300 à 320Km sur autoroute, contre plutôt 350 à 400 pour ses petits frères.
En pratique, rien de vraiment pénalisant, car avec les enfants, s'arrêter tous les 3H est souvent une constante, sans parler des pause-pipi ou pour se restaurer. Encore une fois, dès que l'on peut faire plus de 300Km sur une seule charge, le problème de l'autonomie disparait presque totalement.
Recharge... moyenne
Si tous ces chiffres d'autonomie restent donc très corrects pour un gros SUV familial de près de 500 chevaux 100% électriques, sur un très long trajet, les pauses ne sont pas ici les plus courtes du marché.
Les XPeng G6/G9 et ses 12mn de charge pour le 10-80%, par exemple, mettent une claque au Model Y, grâce à la plateforme 800V. Ici, il faudra au moins 30mn pour la même opération, soit 18 minutes de plus que le chinois ! Malgré les 250kW en pic, la puissance de charge baisse rapidement entre 40 et 80% et peine à dépasser les 80kW.
Tesla peut se consoler avec son réseau de SuperChargers, parmi les moins chers du marché (sans abonnement) et surtout, parmi les plus fiables ! Par ailleurs, la carte-clef de la voiture fait office de badge inter-stations, sans frais de roaming, mais sans les avantages des différents abonnements comme Ionity ou Electra.
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A la maison, je vous conseille une borne de charge car la batterie est conséquente et au moins, vous êtes sûr d'être à 100% de charge le lendemain matin. Dommage que sur les bornes de ville, la voiture n'accepte que 11kW, car un chargeur de 22kW aurait permis de récupérer la moitié de la batterie durant une pause déjeuner.
Enfin, il se murmure que ce Model Y embarquerait tout le hardware nécessaire pour du V2L/V2H mais pour le moment, Tesla n'a pas communiqué sur le sujet. Dommage, car pour le moment, impossible de sortir du courant de la voiture, même en cas de coupure. Là encore, la concurrence fait mieux.
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Autopilot : vivement le FSD !
Passer du rôle de leader à celui de dernier de la classe en quelques années seulement, l'Autopilot de Tesla est devenu au fil du temps un véritable crève-cœur pour les amoureux de la marque.
Soyons honnête, l'Autopilot reste parmi les plus fiables du marché, encore aujourd'hui. Il maintient la voiture parfaitement dans la trajectoire peu importe les conditions météo et même lorsque la visibilité se révèle très moyenne. En revanche, le mécanisme d'activation/désactivation de la fonction vire désormais au cauchemar !
En effet, il faut maintenant choisir entre Autopilot et régulateur adaptatif avant de prendre la route, mais attention : si vous choisissez le premier choix, alors chaque dépassement fera freiner la voiture, qui ne conserve pas le régulateur quand vous changez de voie. C'est presque dangereux, au point que j'ai fini par ne laisser... que le régulateur. Pour pallier ce problème, 3 solutions :
- acheter l'EAP, à 3800€, un coût excessif pour simplement pouvoir doubler en autopilot - acheter les SexyButtons qui permettent d'avoir une sorte d'EAP pour une fraction du prix
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- attendre que le FSD (la conduite 100% autonome) soit autorisée en Europe et souscrire l'abonnement (sans doute autour de 100€/mois).
Rajouter à cela que Tesla vous punit toujours s'il estime que vous n'êtes pas assez attentif : au bout de 5 rappels, la fonction est désactivée pour une semaine ! Chaque semaine sans écueil vous permet de récupérer un point... une infantilisation poussée à l'extrême et qui mériterait vraiment que le régulateur s'y intéresse de plus près.
Bref, vous l'avez compris, cette conduite semi-autonome volontairement bridée rend les longs trajets beaucoup moins agréables que chez la plupart des concurrents. C'est peut-être d'ailleurs le plus gros défaut de ce modèle, et c'est d'autant plus dommage que tout ceci pourrait être réglé par une simple mise à jour logicielle -qui risque de ne jamais arriver.
Un intérieur semi-sportif
A l'intérieur, le Model Y Performance propose quelques changements intéressants par rapport à la version Premium que nous avions testée l'an dernier.
Déjà, les sièges Performance à l'avant proposent une rallonge d'assise à réglage électrique, tout en offrant un coussin à la fois confortable et avec un excellent maintien latéral. Je les trouve non seulement plus confortables que sur le Premium, mais bien plus agréable sur long trajet. En revanche, la fusion des appuie-tête avec le dossier rend la visibilité arrière assez médiocre, surtout pour les enfants.
Pour le reste, les différences sont assez modestes, avec une planche de bord avec des inserts façon carbone et un pédalier en alu. On aurait peut-être aimé un volant spécifique ou de l'alcantara un peu partout, comme sur un SQ6. Les finitions restent donc un peu en deçà des allemands, malgré des progrès notables depuis la version Juniper.
A noter pour les familles, que le Model Y bénéficie toujours de seulement 2 prises ISOFIX à l'arrière, avec une assise centrale peu confortable au niveau du dossier.
Tesla toujours leader de l'infotainement
Avec les années, le système de Tesla ne cesse de se bonifier, on fait d'ailleurs souvent le parallèle avec iOS d'Apple, qui donnent aux "vieux" iPhone une véritable cure de jouvence chaque année.
L'écran passe ici à 16", et gagne en résolution -2560x1440p vs 1920x1080, une dalle que Tesla généralise désormais à tous les modèles. Il intègre de nombreuses nouveautés ces derniers mois, comme l'ajout des chargeurs tiers (avec préconditionnement de batterie), un mode sentinelle plus complet, une dashcam qui enregistre plus de paramètres, des jeux et de la personnalisation....
Le vrai point fort de Tesla, c'est la simplicité : malgré de nombreuses options possibles, on accède rapidement aux fonctions demandées. Tous les réglages de la voiture (conduite, clefs, planifications....) sont rassemblés au même endroit et il suffit d'y consacrer une dizaine de minutes pour optimiser son profil.
Désormais, Tesla propose même des indication, façon tutoriel, pour informer les clients des possibilités de personnalisation ou de paramétrage.
Le GPS figure parmi les meilleurs du marché, il prend en charge les meilleurs itinéraires, gère parfaitement la planification et offre désormais des options très demandées, comme le pourcentage à l'arrivée ou encore les itinéraires alternatifs.
N'oublions pas non plus l'application mobile, qui fait référence sur le marché. On peut ouvrir, démarrer, surveiller sa voiture à distance. Le programme est stable, vous avertit si vous avez laissé une portière ou une fenêtre ouverte, ou s'il y a un souci sur la charge... Avec les raccourcis d'Apple, on peut même affecter des fonctions à des routines, comme sur le bouton Action de l'iPhone. Je vous ai détaillé tous les écrans et l'app dans la vidéo.
Mieux encore, vous pouvez partir à la plage avec votre Apple Watch au poignet comme unique clef du véhicule. Je m'en sers souvent pour ouvrir la voiture quand je suis sorti sans mon smartphone, c'est si pratique !
Tesla vient aussi d'intégrer Grok, son IA maison, mais nous n'avons pas pu le tester ici. Cela reste toutefois un argument de poids pour éviter de farfouiller dans l'écran pendant un trajet : on peut rapidement demander de recalculer un itinéraire ou de modifier un paramètre sans quitter la route des yeux.
On pourrait regretter que CarPlay ne soit toujours pas disponible, mais à l'heure où nous écrivons ces lignes, Tesla serait sur le point d'intégrer le système d'Apple à la voiture. On pourra donc avoir Waze ou Google Maps sans devoir accrocher le téléphone sur un support connexe.
Enfin, les enfants ont adoré l'écran de 8" situé à l'arrière : on peut brancher des casques bluetooth et regarder Netflix pendant les trajets... L'air de rien, à part quelques rares marques chinoises, presque aucun concurrent ne propose un tel écran pour les passagers arrière.
Bilan : le meilleur Model Y
Après 1 semaine et 2000km parcourus, aucun doute, ce Model Y Performance est tout simplement... le meilleur Model Y en 2026.
Plus confortable, plus stylé, mieux amorti, plus puissant... Seule l'autonomie et la garde au sol pêchent un peu face à la version Premium classique, mais pour le reste, il cumule les bons points.
Evidemment, tout ceci a un prix, autour de 60K€/CHF hors options, soit 10 000 de plus qu'un modèle AWD Premium. La différence de tarif n'est pas totalement justifiée selon moi, d'autant que certaines options (comme la couleur rouge ou l'EAP) auraient pu être intégrées d'office.
Face à la concurrence, souvent plus chère, ce Model Y Performance conserve donc sont excellent rapport qualité/prix, mais attention : avec un Autopilot en perdition et une vitesse de charge assez moyenne, certains clients pourraient bien commencer à se détourner de la marque si Tesla ne prend pas le sujet plus au sérieux.
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Comme souvent chez Tesla, la version Performance s'avère la plus confortable, grâce à des suspensions pilotées ! Pour le prix, on aurait aimé l'EAP (autopilot amélioré) en standard, ainsi que ce magnifique coloris rouge de série. Malgré cela, Tesla reste le leader des SUV électriques, avec une connectivité sans faille, une bonne habitabilité et une autonomie exemplaire. Attention à ne pas trop se reposer, car la concurrence fait parfois mieux, notamment en matière de vitesse de charge ou des aides à la conduite.