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Xpeng gagne six fois plus avec ses puces qu'avec ses voitures

Par Vincent Lautier - Publié le

Le constructeur chinois aurait monté une équipe dédiée pour proposer son architecture électronique, ses puces Turing et ses aides à la conduite à d'autres marques que Volkswagen. Des contacts auraient déjà été pris. Le calcul est vite fait : ses prestations techniques dégagent une marge brute six fois supérieure à celle de ses voitures.

Xpeng gagne six fois plus avec ses puces qu'avec ses voitures


Quatre briques à vendre



L'information vient de Reuters, qui cite des sources anonymes. Xpeng voudrait élargir son commerce de licences bien au-delà de Volkswagen, avec quatre briques au catalogue : son architecture électrique et électronique, une sorte de système nerveux qui relie les calculateurs de la voiture, ses systèmes d'habitacle, ses puces maison Turing et ses logiciels d'aide à la conduite. Des équipementiers et des éditeurs de logiciels seraient aussi des clients possibles. La marque penserait même à décliner l'offre vers les robotaxis, les robots humanoïdes et ce qu'elle appelle l'IA physique. Wall Street a apprécié, et l'action Xpeng a pris près de 3 %.

Xpeng gagne six fois plus avec ses puces qu'avec ses voitures


Volkswagen comme vitrine



Pour convaincre, Xpeng possède un argument que peu de fournisseurs peuvent aligner. À l'été 2023, Volkswagen a investi 700 millions de dollars pour prendre 4,99 % de son capital, et les deux groupes ont ensuite codéveloppé l'architecture électronique CEA qui équipe la gamme ID. Unyx vendue en Chine. Le SUV ID. Unyx 08, qui embarque les puces Turing et la conduite intelligente de Xpeng, est entré en production deux ans à peine après la signature de l'accord. Dans une industrie où un développement demande d'ordinaire quatre ans, le raccourci a de quoi faire réfléchir. Et cette architecture ne se limite plus à l'électrique, puisqu'elle équipe désormais aussi les thermiques et les hybrides que le groupe allemand produit en Chine.

Xpeng gagne six fois plus avec ses puces qu'avec ses voitures


Mais pourquoi faire ça ?



Vendre des voitures ne rapporte plus grand-chose, et les comptes de Xpeng le montrent très bien. Au deuxième trimestre 2026, ses revenus automobiles n'ont progressé que de 1 % sur un an, avec une marge brute tombée à 12,1 %. Les services, eux, ont bondi de presque 94 %, à 2,7 milliards de yuans, soit environ 340 millions d'euros, pour une marge brute de 75,1 %. L'essentiel vient des factures adressées à Volkswagen. L'entreprise perd toujours de l'argent, avec 1,3 milliard de yuans de perte nette sur le trimestre, mais elle tient son filon. Huawei a d'ailleurs suivi exactement ce chemin en devenant fournisseur d'habitacles et de conduite autonome pour plusieurs marques chinoises.



On en dit quoi ?



Sur le papier, la logique est imparable. Sauf que vendre sa technologie est un métier compliqué : Lucid encaisse 450 millions de dollars d'Aston Martin sans être rentable pour autant, et Tesla propose son FSD sous licence depuis des années sans trouver le moindre preneur. Xpeng part quand même avec une longueur d'avance, celle d'avoir déjà un client qui paie, et pas n'importe lequel. Rien n'est officialisé pour le moment, aucun constructeur n'est nommé, et aucune voiture européenne n'est concernée à ce stade. Mais les constructeurs qui rament sur le logiciel, et ils sont nombreux, savent désormais à quelle porte frapper.