Le règlement européen AFIR entre dans sa deuxième phase au 1er janvier 2027. Les bornes rapides installées avant avril 2024 devront accepter la carte bancaire, et une nouvelle norme prépare l'arrivée du Plug & Charge. Sur le papier, c'est la fin du badge obligatoire. Dans les faits, l'essentiel du parc français n'est pas concerné, et de loin.
La carte bancaire arrive enfin
Depuis le 13 avril 2024, toutes les nouvelles bornes publiques de plus de 50 kW doivent déjà proposer un paiement à l'acte par carte ou sans contact, sans badge ni abonnement. C'est le règlement européen AFIR qui l'impose, et il s'applique directement, sans passer par une loi française. Le 1er janvier 2027 marque la deuxième étape : les bornes rapides installées avant cette date d'avril 2024 devront elles aussi s'équiper d'un terminal. Une souplesse est prévue quand même, puisqu'un seul terminal peut desservir plusieurs points de charge d'une même station. Les opérateurs devront aussi afficher clairement leurs tarifs, frais d'occupation à la minute compris.
Mais qui est vraiment concerné ?
L'obligation ne vise que les bornes d'au moins 50 kW situées sur le réseau routier transeuropéen ou sur des aires de stationnement sécurisées, autrement dit les grands axes. Sauf que le parc français est surtout fait de recharge lente : sur les quelque 200 000 points publics recensés fin août, à peine un sur cinq dépasse les 50 kW. Quatre bornes sur cinq ne sont donc pas concernées, et celle de votre supermarché ou de votre parking de centre-ville continuera de réclamer son application ou son badge.
Le Plug & Charge arrive aussi
La seconde obligation est plus discrète, mais elle prépare la suite. À la même date, les nouveaux points de recharge devront respecter la norme EN ISO 15118-20, celle qui rend possible le Plug & Charge. La voiture s'identifie toute seule au moment du branchement, le paiement part automatiquement et le badge devient inutile. Attention par contre, l'Europe impose le standard, pas le service. Les opérateurs sont toujours libres de le proposer ou non, les voitures un peu anciennes ne sont de toute façon pas compatibles, et vous pourrez refuser cette identification automatique si le suivi de vos recharges vous dérange.
On en dit quoi ?
C'est quand même une bonne nouvelle pour les longs trajets. Payer sa recharge comme un plein d'essence, avec une CB qui traîne déjà dans votre poche, aurait dû être la règle depuis le début. On est nombreux à avoir empilé les badges et les applications d'opérateurs pour découvrir, une fois au pied de la borne, que ce n'était jamais la bonne. Par contre, il ne faut pas s'attendre à un grand boulversement : avec quatre bornes sur cinq hors du champ, la recharge de proximité va continuer à fonctionner au badge pendant des années. L'Europe a choisi de s'occuper d'abord des grands axes, et c'est déjà ça.