Les prochains serveurs Vera Rubin de Nvidia pourraient déclencher une pénurie mondiale de NAND. Chaque système nécessiterait 1 152 To de stockage SSD, et la demande totale atteindrait 115 millions de téraoctets d'ici 2027. Les prix des SSD grand public risquent de s'envoler.
Un appétit démesuré pour le stockage
Nvidia a dévoilé sa nouvelle plateforme Vera Rubin au CES 2026. Le constructeur y présente une solution baptisée ICMS (Inference Context Memory Storage), qui permet de décharger sur des SSD les données que la mémoire HBM ne peut pas stocker. Le problème, c'est que chaque serveur a besoin de 1 152 To de NAND pour fonctionner correctement. Selon les analystes de Citi, Nvidia prévoit d'expédier 30 000 unités en 2026 et 100 000 en 2027. Faites le calcul : ça représente 34,6 millions de téraoctets la première année, puis 115,2 millions la suivante.
Des chiffres qui donnent le vertige
En 2027, la demande NAND générée par les seuls serveurs Vera Rubin représenterait 9,3 % de la production mondiale. C'est colossal pour un seul fabricant et une seule gamme de produits. Le marché de la mémoire flash est déjà sous tension depuis plusieurs mois. Samsung et SK Hynix ont absorbé la majeure partie des stocks pour alimenter les datacenters IA. Phison, le géant des contrôleurs SSD, affirme que tous ses SSD prévus pour 2026 sont déjà vendus. Le prix de la puce NAND TLC de 1 térabit est passé de 4,80 à 10,70 dollars sur le marché de gros. Autant dire que la situation ne va pas s'arranger.
Les joueurs vont trinquer
Nvidia prévoit de réduire sa production de cartes graphiques GeForce RTX 50 de 30 à 40 % au premier semestre 2026. Les RTX 5070 Ti et 5060 Ti seraient les premières touchées. La mémoire GDDR7 manque, et le constructeur préfère réserver ses stocks aux modèles haut de gamme plus rentables. AMD pourrait en profiter pour augmenter ses prix dès janvier 2026. Côté SSD, les analystes s'attendent à ce que les prix ne se stabilisent pas avant fin 2026, voire 2028 selon certains.
On en dit quoi ?
C'est quand même un sacré retournement de situation. Il y a trois ans, on trouvait des SSD de 1 To à moins de 50 euros. Aujourd'hui, l'IA aspire tellement de ressources que le consommateur lambda risque de payer le prix fort pour un simple upgrade de stockage. Nvidia ne fait rien d'illégal, mais l'effet domino est redoutable : les datacenters raflent tout, et il ne reste que les miettes pour le grand public. Reste à voir si les fabricants de mémoire augmenteront leurs capacités de production, ou si on file tout droit vers une nouvelle crise à la 2020.