Renault, le constructeur automobile français, s'associe à l'entreprise Turgis & Gaillard pour produire ce qu'on appelle des « munitions téléopérées » dans ses usines au Mans et à Cléon. On parle ici d'un énorme contrat qui pourrait atteindre un milliard d'euros sur les dix prochaines années.
Visuel : IA bien sûr
Renault de retour dans le secteur militaire
Près de 100 ans après la fabrication du char FT, qui a marqué le terrain pendant la première Guerre mondiale, Renault fait son grand retour dans le secteur de la défense. Le constructeur vient en effet de signer un gros partenariat avec Turgis & Gaillard, le spécialiste français des munitions et des systèmes de défense, dans l'idée de produire des drones militaires qui répondront au doux nom de "Chorus". La Direction générale de l'armement a déjà validé un premier contrat de 35 millions d'euros, qui doit s'enchainer avec une enveloppe potentielle pouvant aller jusqu'à un milliard d'euros sur les dix ans à venir, si le programme monte en puissance.
Pour être très concret, il y a deux sites Renault qui sont mobilisés. Le premier c'est l'usine ACI du Mans, pour l'assemblage final, mais aussi le site Ampère de Cléon pour la fabrication des moteurs, sujet hautement stratégique. À moyen terme, la capacité de production devrait pouvoir atteindre 600 drones par mois. Les premiers exemplaires prévus, une petite dizaine, sont attendus assez rapidement, pour l'été 2026, histoire de valider le processus industriel dans son ensemble.
Un drone inspiré des iraniens
Ce drone Chorus ne sera pas un drone de reconnaissance classique, il sera ce qu'on appelle une "munition téléopérée de longue portée ». C'est un engin conçu pour frapper des cibles à longue distance. Ce concept rappelle pas mal les drones Shahed iraniens qui sont utilisés massivement dans le conflit ukrainien, par l'armée Russe. Bien sûr, l'entreprise Turgis & Gaillard insiste sur le fait que la technologie utilisée sera 100% française.
L'objectif ici est clairement de produire ces engins en très grande quantité, mais aussi à moindre coût, en utilisant sur le savoir-faire industriel automobile que nous avons déjà en France. Il est prévu que 100 à 200 employés de Renault bossent à plein temps sur ce projet, toujours sur la base du volontariat. Le groupe précise aussi que cette activité ne perturbera en rien la production de véhicules électriques qui est toujours prévue sur ces sites.
Est-ce qu'on verra bientôt la même photo mais avec des drones de combat ?
On en dit quoi ?
C'est franchement un virage inattendu pour Renault. Le constructeur français, qui bataille avec sa transition électrique et les restructurations, trouve dans cette nouvelle activité une nouvelle source de revenus potentiellement énorme. Un milliard d'euros ça ne se refuse clairement pas.
Petite anecdote personnelle : ma Renault Zoé en LOA est en panne depuis ce week-end. Elle a beau toujours être sous garantie, avec toutes les assurances possibles, le garage Renault qui l'a prise en charge me réclame potentiellement 240 euros de "frais de diagnostic" avant même de regarder sous le capot. Je rédige donc cette actualité en me disant qu'au moins, cette pénible panne contribue peut-être à financer les futurs drones de l'armée française. C'est toujours ça de pris pour la souveraineté nationale, vous me remercierez plus tard.
Plus sérieusement côté défense, c'est un signal important : la France veut produire ses propres drones plutôt que de dépendre d'autres fournisseurs étrangers. C'est aussi un signal assez fort lancé à nous, citoyens. Voir une entreprise aussi iconique pour nous, fleuron français, sollicité pour fabriquer des armes, ça envoie clairement un signal un peu dingue sur la situation géopolitique que nous vivons actuellement. Vous ne trouvez pas ?
Reste à voir si Renault arrivera à tenir les cadences et les délais sur ce projet. L'été 2026, c'est demain.