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Mais c'est quoi cette histoire de Renault qui met fin à sa filiale électrique dédiée ?

Par Vincent Lautier - Publié le

Renault vient d'annoncer la dissolution d'Ampere, sa filiale 100% dédiée aux véhicules électriques et aux logiciels, qui a été créée fin 2023 par Luca de Meo. Cette entité particulière devait devenir le premier pure player européen de l'électrique, elle sera finalement réintégrée au groupe dès le 1er juillet 2026.

Mais c'est quoi cette histoire de Renault qui met fin à sa filiale électrique dédiée ?


Un projet mort-né



Ampere, c'était un des grands symboles de la Renaulution souhaitée par l'ancien patron Luca de Meo. Au départ, l'idée était de créer une structure véritablement autonome, qui regroupait 11 000 salariés, pour accélérer le développement des véhicules électriques et de leurs logiciels embarqués. Sur le papier c'était une bonne idée, et le projet tenait la route. Une introduction en bourse était même prévue pour attirer de nouveaux capitaux, et Nissan et Mitsubishi devaient investir quelque 800 millions d'euros dans l'histoire. Sauf que voilà, l'IPO a été annulée début 2024, à cause d'une valorisation insuffisante, et les partenaires japonais potentiels ont hélas fait machine arrière. Sans cet argent frais, la raison d'être de cette structure s'est effondrée d'un coup.

Mais c'est quoi cette histoire de Renault qui met fin à sa filiale électrique dédiée ?


Un grand ménage



Le nouveau directeur général de Renault, François Provost, a donc tiré les conclusions qui s'imposaient. Selon sa vision, du temps et de l'argent ont été perdus à cause de ce mille-feuille administratif créé de fait par cette nouvelle organisation. Des salariés ont d'ailleurs raconté des situations un peu gênantes, comme le fait de devoir attendre plusieurs semaines pour le raccordement électrique d'un équipement, uniquement parce qu'il fallait déterminer quelle entité devait payer la facture. C'est la deuxième fois en quelques semaines que Provost remet en cause une décision importante de son prédécesseur : en décembre dernier, il avait déjà mis fin aux activités d'autopartage de Mobilize, une autre filiale de la Renaulution, ce qui avait engendré la suppression de 80 postes et enterré le projet de quadricycle Duo.

Mais c'est quoi cette histoire de Renault qui met fin à sa filiale électrique dédiée ?


Mais qu'est-ce que ça change ?



La dissolution de l'entité Ampere prendra effet au 1er juillet 2026. Sur les 11 000 salariés de la structure actuelle, 10 000 seront automatiquement réintégrés directement chez Renault, sans aucune suppression d'emplois. Il restera quand même 1 000 personnes dans deux petites entités qui sont conservées : Ampere Energy pour les batteries et l'électronique, et Ampere Software Technology pour le logiciel. Les usines du pôle Electricity dans le nord de la France, Douai, Maubeuge et Ruitz, mais aussi le site moteur de Cléon, redeviendront des filiales 100 % Renault. Deux strates hiérarchiques seront supprimées pour alléger un peu la gouvernance.



On en dit quoi ?



C'est en fait un drôle de retournement de situation pour Renault. En très peu de temps on est passé d'une filiale présentée comme l'avenir de l'électrique européen, à une dissolution quasi complète. François Provost a clairement décidé de remettre les compteurs à zéro et de simplifier l'organisation, et ça n'est probablement pas un mal.