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Elon Musk veut envoyer un million de data centers solaires dans l'espace !

Par Laurence - Publié le

SpaceX voit (très) grand. Le 31 janvier 2026, l’entreprise spatiale américaine a déposé une demande auprès de la Federal Communications Commission (FCC) afin d’obtenir l’autorisation de déployer une constellation pouvant aller jusqu’à un million de satellites en orbite basse. Le projet est de créer un réseau de data centers solaires spatiaux, interconnectés par laser, capables de soutenir les besoins croissants de l’industrie numérique et de l’intelligence artificielle.

SpaceX data centers orbite


Une ambition aussi spectaculaire que controversée.



Dans les faits, peu d’observateurs s’attendent à ce que la FCC valide un projet d’une telle ampleur. SpaceX a toutefois pris l’habitude de déposer des demandes maximalistes, servant de base de négociation avant d’aboutir à une autorisation bien plus limitée.

Même ramené à une fraction de ce chiffre, le projet représenterait néanmoins un saut quantitatif inédit. Aujourd’hui, l’European Space Agency estime qu’environ 15 000 satellites orbitent autour de la Terre, dont la majorité appartient déjà à SpaceX via sa constellation Starlink (plus de 9 600 unités selon Jonathan’s Space Report).

Elon Musk veut envoyer un million de data centers solaires dans l'espace !


Des data centers en orbite, interconnectés par laser



Le dossier déposé auprès de la FCC décrit un réseau de data centers alimentés quasi exclusivement par l’énergie solaire, positionnés en orbite basse et reliés entre eux grâce à des liaisons laser. SpaceX n’hésite pas à employer un vocabulaire de science-fiction pour qualifier son projet, le présentant comme un premier pas vers une civilisation de type Kardashev II, capable d’exploiter pleinement l’énergie du Soleil. Au-delà de la formule, l’idée est claire : déplacer une partie de l’infrastructure informatique hors de la Terre, là où l’énergie solaire est abondante et continue.

SpaceX avance un argument central : les data centers orbitaux seraient plus écologiques que leurs équivalents terrestres. Là où les centres de données classiques consomment d’énormes quantités d’électricité et d’eau — au point de susciter une opposition croissante des communautés locales — les installations spatiales pourraient dissiper leur chaleur directement dans le vide spatial, fonctionner majoritairement à l’énergie solaire en temps réel, et limiter le recours aux batteries et aux réseaux électriques terrestres.

Un discours qui trouve un certain écho alors que les projets de data centers liés à l’IA sont de plus en plus contestés sur le plan environnemental et social, et que de nombreuses collectivités parviennent désormais à en bloquer la construction.

Elon Musk aime bien envoyer des trucs dans l'espace
Elon Musk aime bien envoyer des trucs dans l'espace


Débris spatiaux et collisions : l’autre face du projet



Mais il demeure une inquiétude majeure : la saturation de l’orbite terrestre. Les experts alertent déjà sur la prolifération des débris spatiaux et le risque de collisions en chaîne. Ajouter des dizaines — voire des centaines — de milliers d’objets supplémentaires en orbite basse pourrait accentuer ce danger, malgré les promesses de SpaceX en matière de désorbitation contrôlée.

À ce stade, le projet n’en est qu’à ses débuts, et son périmètre réel dépendra largement des négociations avec les autorités de régulation. Mais une chose est certaine : en proposant des data centers dans l’espace, SpaceX cherche une nouvelle fois à déplacer les limites du possible, quitte à ouvrir un débat mondial sur l’avenir de l’infrastructure numérique… et de l’orbite terrestre elle-même.