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Pourquoi Alphabet est prêt à s’endetter sur 100 ans pour l’IA

Par Laurence - Publié le

Alphabet change d’échelle. Pour soutenir un plan d’investissements sans précédent dans l’intelligence artificielle, la maison mère de Google s’est engagée dans une vaste levée de fonds sur les marchés obligataires, marquant un tournant dans la stratégie financière du géant américain.

Alphabet Google


Des obligations jusque sur 100 ans, une première depuis la bulle Internet



Selon Bloomberg, Alphabet s’apprête à lever jusque 20 milliards de dollars -au lieu des 15 milliards initialement prévus- via une émission obligataire en dollars américains. L’opération, lancée ce lundi, a déjà suscité un engouement massif des investisseurs, avec plus de 100 milliards de dollars de demandes.

Au-delà de cette émission en dollars, Alphabet explore de nouveaux terrains. Le groupe prospecte actuellement les marchés suisse et britannique, où il pourrait signer une première historique : l’émission d’obligations à 100 ans. Une maturité extrêmement rare dans la tech, que l’on n’avait plus vue depuis la frénésie de la fin des années 1990, à l’époque de la bulle Internet.

Cette stratégie traduit la volonté d’Alphabet de sécuriser des financements à très long terme (c'est le cas de le dire...), à un moment où la course mondiale à l’IA impose des investissements lourds, durables et coûteux. Le segment le plus long de l’émission américaine, arrivant à échéance en 2066, a d’ailleurs vu son rendement se resserrer rapidement, signe de la confiance des marchés.

Pourquoi Alphabet est prêt à s’endetter sur 100 ans pour l’IA


185 milliards de dollars d’investissements en 2026



Alphabet ne cache plus ses ambitions. La semaine dernière, le groupe a annoncé prévoir jusqu’à 185 milliards de dollars de dépenses d’investissement en 2026, soit davantage que ce qu’il a investi sur l’ensemble des trois dernières années réunies. L’essentiel de ces fonds sera consacré aux data centers, aux infrastructures réseau et aux capacités de calcul nécessaires au déploiement massif de l’IA.

Sundar Pichai et ses équipes estiment déjà que ces investissements portent leurs fruits, l’IA stimulant la recherche en ligne, la publicité et le cloud. Un signal scruté de près par les investisseurs, alors que certains s’interrogent sur la rentabilité réelle de cette frénésie de dépenses.

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Alphabet est loin d’être seul. Amazon, Meta et Microsoft devraient, avec Alphabet, porter les dépenses d’investissement cumulées du secteur à près de 650 milliards de dollars en 2026. Une dynamique qui alimente un véritable boom du financement obligataire.

La semaine dernière encore, Oracle a levé 25 milliards de dollars, attirant jusqu’à 129 milliards de demandes, un record. Selon Morgan Stanley, les hyperscalers pourraient emprunter 400 milliards de dollars cette année, contre 165 milliards en 2025.

Qu'en penser ?



Cette avalanche d’émissions pourrait toutefois avoir des effets collatéraux. Plusieurs stratégistes, dont ceux de JPMorgan Chase, estiment que l’augmentation massive de la dette pourrait élargir les spreads obligataires et peser sur la performance du crédit à moyen terme. Pour autant, les analystes relativisent. Pour Morgan Stanley, ce scénario rappelle 1997 ou 2005 : le crédit sous-performe, mais on n’est pas en fin de cycle. En clair, l’IA justifie aujourd’hui des paris financiers d’une ampleur inédite, quitte à repousser les équilibres traditionnels.