Et voilà, Alphabet vient de rejoindre le club très sélect des firmes à plus de 4 000 milliards de dollars de capitalisation en bourse, jusque là réservé à Nvidia, Microsoft et bien sûr Apple. Une performance portée par une année 2025 exceptionnelle : le titre a progressé de 63 %, contre +38 % pour Nvidia, dont la dynamique semble ralentir.
TPU, Gemini et la revanche tech de Google
Si Google séduit à nouveau les marchés, c’est avant tout parce qu’il a démontré sa capacité à maîtriser toute la chaîne de valeur de l’IA. En novembre, Alphabet a dévoilé Ironwood, la septième génération de ses processeurs TPU (Tensor Processing Units), conçus pour rivaliser avec les GPU de Nvidia, tout en promettant des coûts inférieurs.
Pour de nombreuses entreprises, confrontées à une explosion du coût du calcul depuis trois ans, ces puces pourraient représenter une alternative stratégique. Et, selon l’analyste DA Davidson, Google pourrait à terme capter jusqu’à 20 % du marché mondial des puces IA, soit un potentiel de près de 900 milliards de dollars, à condition d’ouvrir davantage ses TPU à des usages externes.
Dans le même temps, Google a lancé Gemini 3, une version de son modèle génératif qui marque un véritable tournant. Longtemps jugé en retrait face à ChatGPT ou Claude, Gemini est désormais considéré par de nombreux développeurs comme un concurrent crédible, voire équivalent. Le Wall Street Journal a même évoqué un moment de bascule suffisant pour avoir déclenché le fameux code rouge chez OpenAI, qui a accéléré la sortie de nouveaux outils, notamment dans la génération d’images pour répondre au projet interne de Google, Nano Banana.
Le cloud, pilier silencieux de l’IA
Mais l’IA ne se limite pas aux modèles et aux démonstrations spectaculaires. Elle repose avant tout sur le cloud, et sur ce terrain, Google affiche l’une des croissances les plus impressionnantes du secteur. En 2025, Google Cloud a progressé de 36 %, porté par la demande en calcul, stockage et sécurité liés à l’IA.
Sundar Pichai s’en félicitait déjà à l’automne : Google signe désormais davantage de contrats cloud supérieurs à un milliard de dollars, dont 70 % intègrent des briques d’intelligence artificielle. Alphabet est aujourd’hui le mieux placé pour transformer la frénésie de l’IA en véritable synergie industrielle, grâce à sa présence simultanée sur les puces, le cloud, les modèles et les applications. Et il est certain que le nouveau partenariat signé avec Apple (à savoir appuyer Siri intelligent sur Gemini) abondera en son sens !
Qu'en penser ?
Si ChatGPT reste la plateforme à la croissance la plus rapide, avec une audience hebdomadaire qui pourrait bientôt frôler le milliard d’utilisateurs, Google conserve un atout majeur : son écosystème massif. Recherche, Android, YouTube ou encore Gmail totalisent chacun des milliards d’utilisateurs actifs mensuels. Gemini, avec ses quelque 650 millions d’usagers, est désormais intégré dans la quasi-totalité des services Google.
Les analystes ne s’y trompent pas. Bank of America et Citi voient désormais Alphabet comme l’une des valeurs technologiques les mieux positionnées pour 2026. Et le partenariat récemment évoqué avec Apple, visant à intégrer Gemini dans Apple Intelligence, pourrait encore renforcer l’influence de Google.
Après des années de doutes, Google semble bien parti pour redevenir l’un des grands vainqueurs de l’ère de l’intelligence artificielle. Ce n'est pas anodin mais Berkshire Hathaway, le fonds d’investissement de Warren Buffett, a pris une participation de 4,3 milliards de dollars au sein de Google. Un signal fort de la part d’un investisseur historiquement prudent vis-à-vis des valeurs technologiques.