Les petits robots livreurs qui circulent sur les trottoirs des villes américaines et britanniques sont de plus en plus la cible de vandalisme. Coups de pied, graffitis, vols, et même pire. Les entreprises qui les déploient commencent à accuser le coup.
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Des incidents qui se multiplient
Le phénomène n'est pas nouveau, mais il prend de l'ampleur. A l'université de Berkeley en Californie, les robots Kiwibot avaient déjà subi 1 600 actes de vandalisme sur 80 000 livraisons. Depuis, la situation s'est étendue à d'autres villes. A Sheffield au Royaume-Uni, deux robots Uber Eats de Starship Technologies ont été tagués avec le message off our streets (en gros : "hors de nos rues"). A Philadelphie, un robot Avride s'est fait renverser par deux passants. Et pendant le week-end de la Saint-Patrick, d'autres robots se sont fait frapper, chevaucher et vandaliser par des fêtards.
A Los Angeles, c'est encore plus radical. Un collectif d'influenceurs appelé Sigil Kult a publié des vidéos montrant la destruction d'un robot Coco. Un autre a été retrouvé recouvert d'excréments. A Leeds, deux individus ont jeté un robot livreur dans un buisson.
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2 500 dollars la réparation
Chaque robot Kiwibot coûte environ 2 500 dollars. Quand les incidents se comptent par centaines, la facture grimpe vite. Starship Technologies a déclaré prendre ces actes très au sérieux et a porté plainte auprès de la police du South Yorkshire. Mais concrètement, les robots ne peuvent pas se défendre. Ils sont équipés de caméras et de capteurs, mais ça ne suffit visiblement pas à dissuader les passants.
Le problème de fond, c'est que ces robots partagent le trottoir avec les piétons, et tout le monde n'apprécie pas. Certains y voient une privatisation de l'espace public, d'autres estiment que ces machines prennent la place de livreurs humains. Et puis il y a ceux qui trouvent juste amusant de donner un coup de pied dans un robot qui ne répondra pas.
La question de la cohabitation
A Chicago, deux robots livreurs ont même percuté des abribus en mars. Le déploiement s'accélère dans de nombreuses villes, mais la réglementation ne suit pas toujours. En Chine, plus de 1 200 véhicules de livraison autonomes Neolix circulent dans une seule métropole côtière, avec des incidents réguliers de robots qui se trompent d'adresse ou bloquent des accès privés.
On en dit quoi ?
C'est assez improbable de voir des gens s'acharner sur des petites boîtes à roulettes qui livrent des burgers. Mais derrière l'absurdité des vidéos, il y a un vrai sujet. Ces robots occupent des trottoirs, ne créent pas d'emploi local, et personne n'a vraiment demandé aux riverains leur avis avant de les déployer. La cohabitation entre piétons et machines autonomes, ça ne se décrète pas.