Des vidéos de camionnettes autonomes fonçant dans du béton frais ou labourant tout sur leur passage font le tour des réseaux sociaux. Bienvenue dans le quotidien de la livraison sans conducteur en Chine, où plus de 10 000 véhicules Neolix sillonnent déjà 300 villes.
Des robots livreurs un peu trop déterminés
L'entreprise chinoise Neolix domine le marché de la livraison autonome avec plus de 60 % des parts en Chine. Ses petits vans électriques circulent sans conducteur, équipés de caméras, radars et LIDAR, surveillés à distance par des opérateurs humains. Sur le papier, c'est propre. Sauf que voilà : les vidéos qui circulent depuis quelques jours sur X racontent une tout autre histoire. On y voit ces véhicules foncer dans du ciment frais malgré les ouvriers qui tentent de les arrêter, rebondir violemment sur des chemins de gravier défoncés, ou encore continuer à rouler avec un scooter coincé sous le châssis (en supposant que toutes ces vidéos sont authentiques).
Le décalage entre l'infra et la tech
Un commentaire sur le réseau social chinois Xiaohongshu résume bien la situation : Les routes datent encore de la dynastie Qing, mais les voitures viennent du siècle prochain. Ces vans sont conçus pour avancer coûte que coûte sur des itinéraires pré-cartographiés. Le problème, c'est que les routes chinoises, entre chantiers permanents et revêtements dégradés, mettent l'IA face à des situations imprévues qu'elle gère mal. Le modèle X3 avec ses deux grosses batteries sous le châssis n'aide pas : la suspension trinque dès que le terrain devient chaotique.
Un déploiement massif malgré les ratés
Neolix a levé 600 millions de dollars fin 2025, un record pour le secteur de la conduite autonome en Chine. L'entreprise prévoyait 15 000 unités livrées d'ici fin 2025, et vient de présenter son nouveau modèle X1 au CES 2026, équipé d'un module capable de prendre l'ascenseur et de livrer directement dans les bureaux. ZTO Express, JD Logistics et d'autres géants de la logistique continuent d'utiliser ces véhicules pour le dernier kilomètre. Les fails viraux sont rigolos, mais au final ils ont une vraie utilisé : ils collectent des données précieuses pour améliorer l'IA.
On en dit quoi ?
C'est quand même assez marrant de voir ces petits frigos sur roues foncer tête baissée dans n'importe quel obstacle. Les internautes les ont rebaptisés Roomba géants ou caddies ivres, et on comprend pourquoi. Derrière le mème, il y a une réalité plus factuelle : la Chine teste en conditions réelles ce que l'Occident préfère développer prudemment en environnement contrôlé. Ça donne des vidéos hilarantes, mais aussi des millions de kilomètres de données. On peut se moquer, mais ces petits véhicules livrent visiblement des millions de colis sans problème la plupart du temps.