Hormuz Safe, c'est le nom de la nouvelle plateforme d'assurance maritime lancée par l'Iran. Tout passe par la blockchain : les navires qui traversent le détroit d'Ormuz paient leur couverture en bitcoin. Téhéran espère récolter plus de 10 milliards de dollars avec ce système, alors que 20 % du pétrole mondial transite par ce couloir stratégique.
Une assurance maritime réglée en bitcoin
L'agence Fars a relayé des documents du ministère iranien de l'Économie et des Finances qui détaillent le fonctionnement de la plateforme. Hormuz Safe propose aux armateurs une assurance rapide et vérifiable, payable en bitcoin et réglée à la vitesse de la blockchain d'après le site officiel. La couverture inclut les risques d'inspection, de détention et de confiscation des navires. Par contre, les dommages causés par une frappe militaire sont exclus du contrat, ce qui en dit long sur la nature des risques que Téhéran anticipe lui-même.
Une nouvelle autorité maritime créée pour l'occasion
À côté de la plateforme, le Conseil suprême de sécurité nationale iranien a créé une Autorité du détroit du golfe Persique, un organisme chargé de gérer le passage. Tous les navires doivent désormais déposer une déclaration d'information auprès de cette autorité, en précisant le type de cargaison, son origine, sa destination, l'identité de l'opérateur et la route empruntée. Le tout s'appuie sur un Plan de gestion du détroit d'Ormuz voté par le Parlement iranien il y a quelques semaines, qui formalise un système de péages que Téhéran applique déjà de manière informelle.
Les Américains ne sont pas fans
Les États-Unis ont prévenu : tout paiement à l'Iran pour un passage sécurisé pourrait exposer les armateurs aux sanctions. Le secrétaire général de l'ONU António Guterres a appelé à un détroit sans péages ni discrimination, et la Chine partage cette position. Côté technique, le système ne tient probablement pas la route. Un expert de l'université John Moores de Liverpool a expliqué que l'Iran n'a ni les réserves ni l'accès à la réassurance internationale nécessaires pour faire fonctionner une véritable assurance maritime. Les ports étrangers ne reconnaîtront, de toutes manières, sans doute pas les certificats émis par Téhéran.
On en dit quoi ?
L'Iran transforme un détroit international en péage privé, encaisse en bitcoin pour échapper aux sanctions et appelle ça de l'assurance maritime. Sur le papier, ça permet de contourner le système financier traditionnel et de prétendre offrir un service vaguement légitime. En pratique, aucun armateur sérieux ne va vraiment prendre le risque de transiger avec une entité sanctionnée, même avec une couverture payée en cryptomonnaie. En tous cas ça serait étonnant.