Que Choisir et 29 autres associations européennes de consommateurs ont déposé plainte contre Meta, TikTok et Google devant la Commission européenne. En cause : la diffusion massive de publicités frauduleuses pour placements et prêts bidons, dont seulement 27 % sont retirées après signalement. Les plaignants invoquent le Digital Services Act.
Une plainte signée par 30 associations dans 12 pays
L'action est coordonnée par le BEUC, le Bureau européen des unions de consommateurs, qui réunit Que Choisir en France, le vzbv en Allemagne et 28 autres associations dans 12 pays européens. La plainte vise Meta (Facebook et Instagram), TikTok et Google pour leur incapacité à retirer les publicités frauduleuses qui inondent leurs plateformes.
Les associations s'appuient sur un rapport baptisé Sponsored by Scammers, soit parrainés par les arnaqueurs. Le document détaille la mécanique : algorithmes qui mettent en avant ces pubs, ciblage publicitaire qui touche les profils vulnérables, et surtout modération quasi inexistante.
893 publicités signalées, 27 % retirées seulement
Entre fin 2025 et début 2026, les associations ont signalé 893 publicités suspectes aux trois géants. Résultat, 27 % ont été retirées et 52 % des signalements ont été tout simplement rejetés ou ignorés. Les pubs incriminées promettent des prêts instantanés gratuits et sans vérification bancaire, ou des placements à rendement sans risque.
Derrière ces accroches, on retrouve les schémas habituels : faux courtiers crypto, sites qui imitent Boursorama ou Revolut, faux conseillers en investissement vert. Au niveau mondial, Bruxelles estime à 15 milliards le nombre de publicités potentiellement frauduleuses diffusées chaque jour sur l'ensemble des plateformes.
Le Digital Services Act ne suffit visiblement pas
Le Digital Services Act qui est en vigueur depuis 2024, oblige déjà les très grandes plateformes à modérer les contenus illicites et à retirer les publicités trompeuses. Sauf que dans les faits, les associations constatent que la règle est mal appliquée. Bruxelles travaille déjà sur un nouveau régime qui rendrait les plateformes financièrement responsables des fraudes commises via leurs pubs, mais le texte ne sera pas opérationnel avant plusieurs années.
On en dit quoi ?
Quand 52 % des signalements sont ignorés, on est loin d'une modération sérieuse vendue par les plateformes dans leurs rapports de transparence. Meta, TikTok et Google ont les moyens techniques et financiers de faire le ménage, ils choisissent de ne pas le faire tant que ça leur rapporte du chiffre publicitaire, et tout c'est un problème qu'on ne pourra pas ignorer indéfiniment.