Confrontée à la hausse du coût des composants, Apple chercherait de nouvelles solutions d’approvisionnement. Selon Bloomberg, la firme de Cupertino serait actuellement en discussion avec deux fabricants chinois de mémoire, ChangXin Memory Technologies (CXMT) et Yangtze Memory Technologies (YMTC). Un partenariat qui permettrait de réduire les coûts, mais qui pourrait rapidement devenir un sujet politique aux États-Unis.
Des puces mémoires moins chères
Selon les informations de Bloomberg, Apple étudie la possibilité d’acheter des puces mémoire auprès de ces deux entreprises chinoises afin de limiter l’impact de la flambée des prix sur ses futurs produits. Le Financial Times avait déjà évoqué cette piste il y a quelques semaines, tandis que plusieurs médias sud-coréens faisaient également état de discussions en cours.
Cette stratégie intervient alors que le marché traverse une pénurie mondiale de mémoire. Les principaux fabricants privilégient désormais les composants destinés aux serveurs d’intelligence artificielle, beaucoup plus rentables, ce qui réduit les volumes disponibles pour les smartphones, les tablettes et les ordinateurs. Cette situation a déjà poussé Apple à augmenter le prix de plusieurs Mac, iPad et autres appareils ces derniers mois.
Un dossier sensible
Le principal obstacle n’est toutefois pas économique, mais géopolitique. CXMT et YMTC figurent sur la liste du département américain de la Défense recensant les entreprises chinoises soupçonnées d’entretenir des liens avec l’armée chinoise. YMTC apparaît également sur la liste noire du département du Commerce américain, qui limite fortement les échanges commerciaux avec les entreprises américaines.
En théorie, Apple n’a pas besoin d’une autorisation officielle pour acheter ces composants. Dans les faits, obtenir le soutien de l’administration américaine permettrait d’éviter une nouvelle polémique politique.
Des discussions bien entamées
Toujours selon Bloomberg, Tim Cook aurait échangé avec plusieurs responsables de l’administration Trump, dont le secrétaire au Trésor Scott Bessent. Apple aurait notamment proposé d’utiliser ces puces mémoire uniquement dans les appareils destinés au marché chinois. Cette stratégie permettrait de réserver les composants provenant de fournisseurs traditionnels aux produits vendus aux États-Unis et dans les autres marchés internationaux.
Rien ne garantit toutefois que cette proposition suffise à convaincre Washington. Plusieurs membres de l’administration seraient opposés à un tel accord. Ce n’est pas la première fois qu’Apple s’intéresse à YMTC. En 2022, l’entreprise avait déjà envisagé de s’approvisionner auprès du fabricant chinois. Le projet avait finalement été abandonné après de vives critiques du Congrès américain, dans un contexte de tensions commerciales entre Washington et Pékin. L’histoire pourrait donc se répéter si les discussions actuelles aboutissent.
Qu’en penser ?
Cette négociation illustre le dilemme auquel Apple est confrontée. D’un côté, la flambée du prix de la mémoire pousse le constructeur à diversifier ses fournisseurs pour préserver ses marges et limiter les hausses de prix. De l’autre, les tensions entre les États-Unis et la Chine rendent chaque décision industrielle potentiellement explosive. Même si un accord venait à être trouvé, son issue dépendra probablement autant de la politique que des considérations économiques.