Après plusieurs années de développement, Amazon vient de franchir une étape décisive dans son ambitieux projet d’internet par satellite. Le géant américain a désormais déployé suffisamment de satellites pour lancer son service Leo d’ici la fin de l’année, ouvrant enfin la voie à une véritable concurrence face à Starlink, le réseau d’Elon Musk qui domine aujourd’hui largement ce marché. Si SpaceX conserve une avance confortable, l’arrivée d’Amazon pourrait rebattre les cartes.
STARLINK A TOUJOURS UNE LONGUEUR D’AVANCE
Depuis son lancement commercial en 2020, Starlink s’est imposé comme la référence de l’internet par satellite en orbite basse. Le service compte désormais plus de 10 000 satellites en orbite et dessert aussi bien des particuliers vivant dans des zones mal couvertes que des entreprises, des navires ou encore des avions.
Amazon arrive donc avec près de quatre ans de retard. Mais le groupe prépare sa constellation Project Kuiper depuis plusieurs années et estime désormais disposer d’une infrastructure suffisante pour ouvrir son service.
AMAZON MISE SUR LES ENTREPRISES
Contrairement à SpaceX, qui s’est d’abord adressé au grand public, Amazon semble vouloir privilégier le marché professionnel. Le futur service Leo ciblerait en priorité les entreprises ayant besoin d’une connexion fiable dans des zones isolées : exploitations minières, sites industriels, installations pétrolières, objets connectés ou encore infrastructures critiques. Cette stratégie rappelle celle adoptée par Amazon Web Services (AWS), devenu leader du cloud en séduisant d’abord les entreprises avant de s’étendre à d’autres usages.
L’un des principaux atouts d’Amazon pourrait justement être son écosystème. Le groupe imagine déjà une connexion directe entre son réseau satellitaire et les services AWS. Les entreprises pourraient ainsi relier leurs sites les plus isolés à leur infrastructure cloud sans dépendre d’un opérateur tiers. À terme, Leo pourrait également accompagner les services IoT d’Amazon, les infrastructures Edge Computing ou encore certaines activités logistiques du groupe.
UNE COURSE AUX SATELLITES QUI S’ACCÉLÈRE
Pour construire sa constellation, Amazon a multiplié les lancements ces derniers mois. Fun fact, certains satellites ont même été envoyés en orbite… à bord de fusées Falcon 9 de SpaceX, son futur concurrent direct. Amazon dispose également d’une immense usine capable de produire plusieurs satellites chaque jour. Si Starlink conserve aujourd’hui une avance importante, cette capacité industrielle pourrait permettre à Amazon d’accélérer rapidement le déploiement de son réseau.
L’entreprise doit d’ailleurs respecter le calendrier fixé par la Federal Communications Commission(FCC), qui lui impose de mettre en service une partie importante de sa constellation afin de conserver ses autorisations d’exploitation.
L’arrivée d’un deuxième acteur majeur pourrait profiter directement aux utilisateurs. Jusqu’à présent, Starlink occupait quasiment seul le marché de l’internet par satellite en orbite basse. L’arrivée d’Amazon devrait favoriser la concurrence, avec des offres potentiellement plus attractives, davantage d’innovations et une baisse progressive des tarifs.
Le groupe pourrait même intégrer Leo à certains services existants, comme les offres AWS ou, pourquoi pas, proposer des avantages aux abonnés Prime dans certaines régions mal couvertes.
Qu’en penser ?
Après plusieurs années de retard, Amazon semble enfin prêt à entrer dans l’arène. Starlink conserve une avance considérable grâce à son réseau déjà opérationnel et à son expérience, mais Amazon possède d’autres atouts : une puissance industrielle, un solide portefeuille de clients professionnels et surtout l’écosystème AWS. La véritable bataille de l’internet par satellite ne fait probablement que commencer, et cette concurrence pourrait profiter aussi bien aux entreprises qu’aux particuliers vivant dans les zones les moins bien desservies.