Et si on doublait la longévité d'une batterie lithium-ion sans toucher à ce qui la compose, juste en la serrant plus fort ? C'est ce que des chercheurs de l'université de Cambridge disent avoir réussi. Tout se joue en fait sur la pression physique exercée sur la cellule, et à la bonne valeur, autour de 12,5 bars, la durée de vie double carrément. Leurs travaux sont parus fin juin dans la revue Nature.
Une histoire de pression
L'équipe du professeur Michael De Volder est partie d'un constat pourtant bien connu, une batterie gonfle et se dégonfle à chaque charge et décharge, et cette petite respiration mécanique finit en fait par l'user. En maintenant une pression constante sur la batterie, les chercheurs ont tout simplement doublé son nombre de cycles, rien que ça. Et le plus fort dans ces recherches, c'est qu'ils n'ont rien changé au reste, ni l'électrolyte, ni les électrodes, ni les matériaux présents dans la batterie.
Merci les coussins d'air
Encore faut-il tomber pile poil sur la bonne valeur. Avec trop peu de pression, la cellule s'abîme, et avec trop de pression, c'est encore pire. La bonne cible se situe visiblement autour de 12,5 bars, soit à peu près quatre fois ce qu'on trouve dans une pile bouton classique. Pour dénicher ce point d'équilibre, l'équipe a bricolé son propre appareil, une sorte de mesureur d'épaisseur muni de coussins d'air qui font office de pinces auto-réglables et gardent la pression bien stable pendant que la batterie travaille.
Ce que ça pourrait changer
Si cette idée passe un jour du labo aux vraies batteries, l'intérêt sera clairement énorme. Une batterie de voiture électrique qui dure deux fois plus longtemps, c'est aussi moitié moins de remplacements, donc moins de recyclage et moins de mines de nickel et de cobalt à creuser. Le professeur De Volder confirme ce que tout le monde sait, on est très mauvais pour recycler les batteries, alors autant les faire durer le plus longtemps possible. Sauf que maintenir exactement 12,5 bars dans un gros pack, et ce pendant des années, c'est quand même franchement galère, et on parle pour l'instant de cellules qui ne sont testées qu'en laboratoire, pas encore d'un iPhone ou d'une Tesla.
On en dit quoi ?
Un simple réglage mécanique qui double la vie d'une batterie, alors que la chimie avance à tout petits pas, c'est le genre de trouvaille qui peut peser plus lourd qu'un énième matériau miracle. Il faut encore prouver que ça tient une fois sorti du laboratoire, mais l'idée de mieux vieillir juste en serrant au bon endroit, ça a quand même quelque chose de satisfaisant.