L’Union européenne poursuit son offensive contre les grandes plateformes de commerce en ligne. Après Temu, c’est désormais AliExpress qui est lourdement sanctionné pour ne pas avoir suffisamment lutté contre la vente de produits illégaux, dangereux ou contrefaits. La Commission européenne lui inflige une amende de 550 millions d’euros, la plus importante jamais prononcée dans le cadre du Digital Services Act (DSA).
ALIEXPRESS accusée de négligence
Selon la Commission européenne, AliExpress n’a pas mis en place des mesures suffisamment efficaces pour empêcher la diffusion de produits interdits sur sa plateforme.
L’enquête estime notamment que le géant chinois n’a pas consacré suffisamment de ressources humaines au contrôle des annonces. Pour quel résultat ? Des jouets dangereux, des cosmétiques non conformes ou encore des vêtements contrefaits sont restés en vente pendant plusieurs semaines après avoir été signalés.
Pour Bruxelles, cette situation constitue une violation directe des obligations imposées par le Digital Services Act, entré en vigueur pour mieux encadrer les grandes plateformes numériques.
Ce n'est pas une question de taille
Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission européenne chargée du numérique, s’est montrée particulièrement ferme. Selon elle, la présence de produits dangereux ou de contrefaçons sur une plateforme de cette ampleur n’est pas une fatalité, mais le résultat d’un manque de moyens et d’une mauvaise gestion des risques.
Elle rappelle également que les très grandes plateformes ont l’obligation d’identifier et de limiter ces risques de manière proactive afin de garantir la sécurité des consommateurs européens.
Une sanction record du DSA
Avec 550 millions d’euros, cette amende devient la plus importante jamais prononcée au titre du Digital Services Act. Elle dépasse largement celle infligée à Temu en mai dernier, qui s’élevait à plus de 230 millions de dollars pour des manquements similaires. Le message adressé aux plateformes est clair : l’Union européenne entend faire appliquer strictement sa nouvelle réglementation, quelle que soit la taille ou l’origine des entreprises concernées.
Au-delà de cette sanction financière, AliExpress devra rapidement revoir ses procédures. La plateforme dispose jusqu’au 20 octobre 2026 pour mettre son fonctionnement en conformité avec les exigences européennes. Si les mesures demandées ne sont pas mises en œuvre, la Commission pourra prononcer de nouvelles sanctions financières, sous la forme d’astreintes régulières.
Qu’en penser ?
Cette nouvelle sanction confirme le durcissement de la politique européenne envers les grandes plateformes de commerce en ligne. Après les réseaux sociaux, Bruxelles cible désormais les places de marché où les produits dangereux ou contrefaits restent encore trop nombreux. Pour AliExpress, l’amende est certes spectaculaire, mais le véritable enjeu sera surtout de renforcer ses contrôles. Avec le Digital Services Act, l’Union européenne montre qu’elle ne se contente plus d’imposer des règles : elle est désormais prête à les faire respecter, y compris par des sanctions d’un niveau inédit.