SpaceX vient de réussir un coup que même Elon Musk pensait perdu. Après 24 jours à la dérive dans l'océan Indien, l'étage supérieur du Starship lancé le 24 juillet a été remorqué jusqu'à la terre ferme. Une première historique, et surtout une mine d'or pour comprendre comment ce vaisseau encaisse la violence du retour dans l'atmosphère.
Un sauvetage digne d'un film catastrophe
Le vaisseau, ce fameux étage supérieur qui coiffe la gigantesque fusée de SpaceX, avait amerri dans l'océan après son vol d'essai. Sauf que le récupérer relevait carrément de l'exploit maritime, puisque les équipes ont dû localiser l'engin flottant avant de le remorquer sur des centaines de kilomètres, dans une mer de plus en plus démontée. Le 7 août, la situation était si mal engagée qu'Elon Musk avait lui-même reconnu sur les réseaux sociaux que l'affaire semblait compromise. Il aura fallu patienter jusqu'au 18 août pour voir enfin le Starship tracté à bon port, au large de Christmas Island, un territoire australien.
18 000 tuiles à passer au peigne fin
Sauver une carcasse qui ne revolera pourtant jamais peut sembler absurde, mais SpaceX y tenait pour une raison bien précise, puisque c'est la toute première fois que l'entreprise met la main sur un Starship ayant réellement atteint l'espace. Jusqu'à présent, ses prototypes finissaient détruits en plein vol ou pulvérisés à l'impact. Le vrai trésor se niche dans le bouclier thermique, avec ses quelque 18 000 tuiles de céramique noire qui restent la pièce maîtresse de toute la stratégie de réutilisation. La navette de la NASA réclamait des réparations lourdes après chaque vol, quand SpaceX veut au contraire un engin capable d'enchaîner les missions sans presque y toucher, et l'inspection minutieuse de chaque tuile usée va lui permettre de valider ses simulations.
L'objectif final reste la tour de lancement
Les ingénieurs vont aussi éplucher la corrosion causée par l'eau salée sur l'acier inoxydable du vaisseau, un paramètre qui pèsera lourd pour les prochains amerrissages. SpaceX ne compte d'ailleurs pas repêcher ses fusées en pleine mer indéfiniment, son idée étant plutôt de les rattraper directement sur leur tour de lancement grâce à d'énormes bras mécaniques, un dispositif surnommé Mechazilla. Le prochain vol doit justement viser une orbite complète et tenter pour la première fois cette fameuse capture du gros propulseur Super Heavy en plein retour.
On en dit quoi ?
Difficile de ne pas être bluffé par cette opération, mi-course contre la montre, mi-sauvetage désespéré, pour récupérer un morceau de ferraille au beau milieu de l'océan. Ça peut sembler démesuré, mais chaque tuile analysée rapproche SpaceX d'un vaisseau vraiment réutilisable, et donc de la Lune, puisque la NASA compte sur une version du Starship pour y reposer des astronautes. Le trophée rentre à la base au Texas, et déjà tous les regards se tournent vers le vol suivant.