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La NASA abandonne sa station orbitale lunaire et veut construire une base sur la Lune

Par Vincent Lautier - Publié le

La NASA vient d'opérer un virage dans son programme Artemis. Fini le Gateway, cette station orbitale qui devait tourner autour de la Lune : l'agence spatiale américaine préfère concentrer ses milliards sur la construction d'une base habitée directement à la surface lunaire, au pôle Sud. Un choix poussé par Jared Isaacman, le nouvel administrateur.

La NASA abandonne sa station orbitale lunaire et veut construire une base sur la Lune


Le Gateway passe à la trappe



Jared Isaacman n'aura pas mis longtemps à imprimer sa marque. Le milliardaire, nommé à la tête de la NASA, a décidé de tirer un trait sur le programme Gateway, cette station orbitale censée servir de relais entre la Terre et la Lune. Sauf que voilà : pour Isaacman, mieux vaut poser directement des briques sur le sol lunaire que de faire tourner un avant-poste en orbite.

La NASA redirige donc ses ressources vers une base permanente au pôle Sud de la Lune, une zone choisie pour son ensoleillement quasi constant, ses communications directes avec la Terre et la présence de glace d'eau dans les cratères environnants.

La NASA abandonne sa station orbitale lunaire et veut construire une base sur la Lune


Du régolithe vitrifié aux habitats gonflables



Côté calendrier, Artemis II, le survol lunaire habité, est prévu pour avril 2026. Artemis III suivrait mi-2027, puis Artemis IV marquerait le retour des Américains sur la Lune début 2028. À partir de 2029, place à la construction.

Les missions Artemis IV à VII installeraient d'abord des camps temporaires capables d'accueillir jusqu'à quatre astronautes pour des séjours d'un mois. L'habitat fixe permanent, baptisé Foundation Surface Habitat, n'arriverait que dans les années 2030. Les technologies explorées dans le cadre du programme NIAC font quand même rêver : transformation du régolithe lunaire en matériau vitreux, dômes transparents pressurisés, systèmes d'autosuffisance avancés. On est à mi-chemin entre la science et la science-fiction.

Des habitats gonflables sont aussi sur la table. Max Space, soutenu par Voyager Technologies, Sierra Space avec son programme LIFE, ou encore Lockheed Martin travaillent sur des structures déployables.

La NASA abandonne sa station orbitale lunaire et veut construire une base sur la Lune


Vingt milliards et des alliés



Le budget réalloué tourne autour de vingt milliards de dollars. Une somme colossale, mais qui reste a priori dans l'enveloppe initialement prévue pour le Gateway.

Précisons quand même que la NASA ne fait pas cavalier seul. L'Europe via l'ESA, le Canada, le Japon et les Émirats arabes unis restent dans la boucle en tant que partenaires. Reste à voir comment ces alliances vont se reconfigurer maintenant que le Gateway n'est plus au programme, certains pays ayant investi des années de travail sur des modules orbitaux qui ne verront jamais le jour.

On en dit quoi ?



Construire une base lunaire habitée avant la fin de la décennie, c'est le genre d'objectif qui a de quoi faire briller les yeux. Mais la NASA a une longue tradition de calendriers optimistes revus à la hausse. Entre les retards techniques, les aléas politiques et les réalités budgétaires, tenir 2028 pour Artemis IV relèverait presque de l'exploit. Visiblement, Isaacman veut aller vite et frapper fort.