Orange a coupé sa 2G dans les 43 derniers départements qui l'utilisaient encore, Paris compris. Le réseau lancé en 1992 sous le nom Itinéris s'arrête donc après 34 ans de service. Sauf que des ascenseurs, des alarmes et des boîtiers de téléassistance ne savent communiquer que par lui, et que les clients Free sont logés à la même enseigne.
Née Itinéris en 1992
Le GSM d'Orange est né Itinéris, lancé par France Télécom le 1er juillet 1992 à Paris et à Lyon, avant de passer sous la marque Orange en 2001. L'extinction s'est faite par étapes depuis le printemps : Bayonne, Anglet et Biarritz ont ouvert le bal le 31 mars, Nice a suivi le 22 septembre, 44 départements ont été coupés le 6 octobre, et les 43 derniers, dont Paris, le Rhône, le Nord et la Gironde, ont perdu le signal ce 20 octobre. Quelques antennes tiennent encore. Les zones blanches réglementaires, ces coins mal couverts aux antennes partagées, garderont une 2G jusqu'au 15 décembre au plus tard.
Surtout des machines
Fin juin, 1,7 million d'appareils actifs ne savaient toujours communiquer qu'en 2G, contre près de 2,9 millions un an plus tôt. Dans le lot, assez peu de téléphones. Le gros du contingent, ce sont des machines installées il y a quinze ou vingt ans : environ 230 000 ascenseurs qui utilisent ce réseau pour leur ligne d'urgence, quelque 120 000 boîtiers de téléassistance qui veillent sur des personnes âgées, plus les alarmes et la télésurveillance. Les vieux mobiles à clapet encore en circulation ne passeront plus ni appels ni SMS, numéros d'urgence compris. Orange assure avoir prévenu professionnels et derniers clients, messages vocaux à l'appui. Et si vous êtes chez Free, même punition : l'opérateur n'a jamais eu de 2G en propre et s'appuyait sur l'itinérance Orange.
SFR et Bouygues suivent
Bouygues Telecom attaquera par Brest, Guipavas, Nancy et Vandoeuvre-lès-Nancy le 15 novembre, avant de généraliser la coupure entre le 1er et le 15 décembre. SFR éteindra ses zones denses à la mi-novembre et le reste du pays dans la première quinzaine de décembre. D'ici Noël, la 2G aura donc disparu de la métropole. La 3G est la prochaine sur la liste, en 2028 chez Orange, fin 2028 chez SFR et fin 2029 chez Bouygues. Pas de panique pour la couverture, la 4G touche plus de 99,9 % de la population. Par contre, pour continuer à téléphoner, votre mobile doit gérer la VoLTE en plus de la 4G, à vérifier si l'appareil a quelques années.
On en dit quoi ?
On ne va pas pleurer la 2G : les fréquences libérées vont muscler la 4G et la 5G, et plus personne n'achetait de téléphone 2G depuis des années. Le vrai sujet, ce sont tous ces équipements qui fonctionnent sans broncher depuis vingt ans et que personne ne pense à mettre à jour. Si un de vos proches dépend d'une téléalarme, un appel au prestataire pour confirmer la migration vers la 4G n'est pas du luxe. Et quand même, 34 ans de carrière pour une technologie grand public, peu de standards tiennent aussi longtemps.