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SpaceX veut racheter Boost Mobile et ses 7 millions d'abonnés pour devenir opérateur

Par Vincent Lautier - Publié le

Elon Musk discuterait avec EchoStar du rachat de Boost Mobile et de ses quelque 7 millions d'abonnés, de quoi transformer Starlink en opérateur mobile complet aux États-Unis. Les trois grands opérateurs américains refusent toujours d'ouvrir leurs réseaux à SpaceX, qui empile du coup les fréquences à coups de milliards depuis un an.

SpaceX veut racheter Boost Mobile et ses 7 millions d'abonnés pour devenir opérateur


Un rachat ou un simple accord



D'après le Washington Post, Elon Musk a échangé en octobre avec Charlie Ergen, le président d'EchoStar, pour discuter du sort de Boost Mobile. Deux pistes seraient sur la table. La première est un rachat pur et simple de la marque, la seconde se limiterait à un accès privilégié à son réseau pour lancer un service mobile Starlink sur une infrastructure qui existe déjà. Rien n'est signé pour le moment, aucune des entreprises concernées n'a confirmé, et les discussions peuvent encore capoter. L'idée, elle, est claire. Avec ses satellites d'un côté et un réseau au sol de l'autre, SpaceX construirait une offre hybride capable de viser la quatrième place d'un marché américain qui pèse plus de 235 milliards de dollars par an.

SpaceX veut racheter Boost Mobile et ses 7 millions d'abonnés pour devenir opérateur


Des fréquences à coups de milliards



SpaceX prépare ce terrain depuis des mois. L'entreprise a racheté en 2025 pour 17 milliards de dollars de fréquences AWS-4 et H-block à EchoStar, avant d'ajouter 2,6 milliards de licences supplémentaires. Début octobre, nouveau chèque, 8 milliards cette fois pour le portefeuille 800 MHz de Grain Management, des ondes basses qui traversent les murs. Musk parlait alors de la dernière pièce du puzzle pour couvrir tout le territoire américain en téléphonie. Côté satellite, le service tourne déjà. Starlink connecte depuis 2024 les smartphones des abonnés T-Mobile privés d'antenne, avec sa liaison direct-to-cell qui fait passer les messages par l'orbite basse. Pour devenir un opérateur à part entière, il manque quand même un vrai réseau terrestre, celui qui fait tourner les villes, les immeubles et le quotidien des abonnés.

SpaceX veut racheter Boost Mobile et ses 7 millions d'abonnés pour devenir opérateur


Le veto possible des trois grands



Boost Mobile coche cette case, sur le papier. La marque ne possède aucune antenne. C'est un opérateur virtuel qui loue les réseaux d'AT&T et de T-Mobile pour servir ses clients, et ce genre de contrat de location ne se transfère généralement pas sans l'accord des propriétaires. AT&T, T-Mobile et Verizon ont déjà refusé de vendre de la capacité à SpaceX quand Musk est venu frapper à leur porte. Personne ne les imagine faciliter la vie d'un concurrent qui annonce vouloir leur piquer des clients, et Deutsche Telekom, la maison mère de T-Mobile, a d'ailleurs publiquement affiché ses réticences.

On en dit quoi ?



La méthode est du pur Musk, quand le marché refuse de lui louer un réseau, il essaie d'en acheter un. Boost Mobile pèse peu face aux trois géants avec ses 7 millions d'abonnés, mais ajouté aux plus de 27 milliards de dollars de fréquences et à la constellation Starlink, l'ensemble dessinerait un quatrième opérateur crédible. Tout ceci reste quand même une rumeur, bien sourcée certes, mais une rumeur. Par chez nous, rien ne change de toute façon, Starlink ne vend aucun forfait mobile en Europe, et ce futur opérateur, s'il voit le jour, sera réservé aux Américains.