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DJI ROMO 2 : votre aspirateur peut enfin tout traiter sans le cloud

Par Vincent Lautier - Publié le

Le mode Données locales promis au lancement du ROMO 2 arrive avec la dernière mise à jour de l'aspirateur de DJI. Une fois activé, le robot stocke et traite cartes et images directement sur l'appareil, sans plus rien envoyer vers le cloud. La gamme gagne au passage la compatibilité Matter, et donc Apple Home. Après la grosse frayeur de février, la marque avait tout intérêt à soigner le sujet.

DJI ROMO 2 : votre aspirateur peut enfin tout traiter sans le cloud


La recette des drones



DJI n'a rien inventé pour l'occasion, puisque ce mode Données locales existe depuis 2017 sur ses drones, où il rassure les pilotes qui ne veulent voir aucune image partir vers des serveurs. La marque le porte maintenant sur le ROMO 2, sa gamme d'aspirateurs robots commercialisée depuis début septembre à partir de 1199 euros, et promet la même chose sur les modèles à venir. À la première mise en route, le robot passe obligatoirement par Internet pour cartographier le logement. Une fois la carte créée, on active le mode dans les paramètres de sécurité de l'application DJI Home : la carte est transférée du cloud vers l'appareil, la copie en ligne est supprimée, et tout ce qui sert ensuite à la navigation et à l'évitement d'obstacles reste stocké et traité localement. DJI présente le dispositif comme une première sur le marché de la maison connectée.

Dans les faits, le robot continue de fonctionner sans la moindre connexion, même pendant une panne de box. On lance un nettoyage, on le personnalise, on renvoie la bête se recharger à sa station, et la détection d'obstacles au millimètre reste opérationnelle. Le pilotage passe alors par le Bluetooth du téléphone, qu'il faudra penser à laisser activé. Il y a quand même deux limites à connaître : la carte et les plannings de nettoyage ne se modifient plus une fois le mode enclenché, puisque ces fonctions réclament une synchronisation avec le cloud. Mieux vaut donc tout préparer avant de couper le cordon.



La boulette de février



En février dernier, un développeur français qui s'amusait à piloter son ROMO avec une manette de PS5 a découvert que son jeton d'identification ouvrait l'accès à quelque 7 000 aspirateurs dans une vingtaine de pays, flux des caméras et plans des logements compris. DJI a colmaté la faille fin février et versé une prime de 30 000 dollars au bidouilleur, mais l'épisode a laissé des traces, et on comprend mieux l'insistance de la marque sur la confidentialité. Le mode Données locales vient du coup coiffer un ensemble déjà en place : chiffrement de bout en bout quand le robot est connecté, consentement explicite pour la caméra et le micro, suppression automatique des photos de plus de 14 jours et réinitialisation d'usine qui efface tout. Un test d'intrusion mené cette année sur le ROMO P2 et l'application n'a d'ailleurs relevé aucune faille sérieuse. Sur le papier, difficile de faire plus rassurant.

DJI ROMO 2 : votre aspirateur peut enfin tout traiter sans le cloud


Matter en prime



L'autre nouveauté de la mise à jour parlera directement aux habitués de la maison Apple, puisque les ROMO prennent maintenant en charge Matter, le standard de la maison connectée. L'aspirateur s'ajoute donc à Apple Home, mais aussi à Google Home, Alexa, SmartThings ou Home Assistant, avec les commandes vocales qui vont avec. On peut demander à Siri de lancer le ménage dans le salon, déclencher un nettoyage automatique quand tout le monde quitte la maison, ou mettre le robot en pause quand un capteur de présence détecte que quelqu'un dort dans la chambre. Matter autorise en plus le contrôle local, plus rapide et moins dépendant des serveurs, ce qui colle plutôt bien avec l'esprit de cette mise à jour. Seule restriction relevée pour le moment : les paramètres d'un nettoyage ne se modifient pas en cours de cycle.

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On en dit quoi ?



Un robot qui circule chez vous avec une caméra et le plan de chaque pièce en mémoire, c'est à peu près ce qui se fait de plus intrusif en domotique. DJI transforme sa mésaventure de février en argument de vente, c'est de bonne guerre, et le résultat est pour une fois concret plutôt que cosmétique. On aurait quand même aimé pouvoir créer la carte sans passer du tout par le cloud, hélas ce n'est pas prévu. Pour le reste, ce genre de mode hors ligne devrait être la norme de la catégorie.