Nintendo traverse une période paradoxale. Alors que la Switch 2 réalise un démarrage commercial massif avec près de 20 millions de consoles vendues depuis son lancement, les investisseurs ont brutalement sanctionné le groupe japonais après l’annonce d’une hausse des prix de ses consoles et de ses services.
Une chute historique !
À la Bourse de Tokyo, l’action Nintendo a chuté de 8,5 % ce lundi, portant désormais sa baisse à plus de 34 % depuis le début de l’année. La raison est simple : Nintendo a confirmé une augmentation mondiale du prix de la Switch 2 à partir de septembre.
Aux États-Unis, la console passera de 449,99 dollars à 499,99 dollars. En Europe, la hausse sera également importante : de 469,99 euros à 499,99 euros dans la plupart des pays. Le tarif britannique doit encore être confirmé.
Nintendo prévoit aussi d’augmenter certains modèles de Switch au Japon, ainsi que les abonnements à ses services en ligne. La société s’en est d'ailleurs publiquement excusée auprès des joueurs, évoquant des changements des conditions du marché.
La responsable, c'est l'IA !
Derrière cette hausse se cache surtout un problème devenu mondial dans l’industrie tech : la flambée des composants électroniques. Les prix de la RAM et du stockage ont fortement augmenté ces derniers mois, notamment à cause de l’explosion de la demande liée aux centres de données IA.
Les mêmes composants servent à fabriquer des consoles, des PC, des smartphones, mais aussi les infrastructures géantes utilisées pour entraîner les modèles d’intelligence artificielle.
Le résultat est presque mathématique : les fabricants de consoles subissent désormais directement la pression créée par l’IA. Nintendo n’est d’ailleurs pas seul. Sony a récemment augmenté le prix de la PlayStation 5 dans plusieurs pays, tandis que Valve aurait repoussé certains projets matériels liés à Steam.
Des tensions géopolitiques
Le contexte géopolitique n’aide évidemment pas. Les marchés restent nerveux autour des tensions commerciales américaines, des projets de droits de douane défendus par Donald Trump, et des perturbations potentielles des chaînes logistiques mondiales.
Certains analystes estiment également que les tensions au Moyen-Orient et le conflit autour de l’Iran pourraient encore compliquer l’approvisionnement de certains composants stratégiques. Pour Nintendo, cela crée un environnement extrêmement difficile : la demande reste forte mais les coûts de production explosent.
Le plus surprenant reste peut-être la réaction extrêmement sévère des marchés. Car sur le papier, Nintendo affiche pourtant des résultats solides avec près de 20 millions de Switch 2 écoulées, un bénéfice annuel de 424 milliards de yens, soit une hausse de 52 % sur un an.
Mais les investisseurs reprochent depuis longtemps au groupe japonais : sa communication jugée opaque, ses prévisions prudentes, et sa dépendance très forte à quelques gros lancements. L’annonce des hausses tarifaires semble avoir renforcé les inquiétudes autour d’un possible ralentissement des ventes dans les prochains mois.
Qu'en penser ?
Cette situation montre surtout à quel point l’explosion de l’intelligence artificielle dépasse désormais largement le simple secteur logiciel. Les centres de données IA consomment tellement de composants qu’ils perturbent désormais : les smartphones, les PC, les cartes graphiques, et même les consoles de jeu. Et Nintendo découvre à son tour une réalité que vivent déjà Apple, Sony ou Microsoft : dans l’économie actuelle, l’IA ne fait pas seulement grimper la puissance des machines, elle fait aussi grimper leur prix.