Microsoft engage la plus grosse restructuration de l'histoire de Xbox : 3 200 postes supprimés d'ici fin 2027 et quatre studios qui quittent le groupe, dont Ninja Theory et Double Fine. Asha Sharma, arrivée en février à la tête de Microsoft Gaming, assume un diagnostic brutal : la division perd 64% sur chaque dollar investi, avec des marges jusqu'à dix fois inférieures à la concurrence.
Une saignée en deux temps
Microsoft a donc confirmé la suppression de 3 200 postes dans sa division jeu vidéo, dont 1 600 départs immédiats et autant étalés sur les douze prochains mois, dans un plan qui touche 4 800 personnes chez Microsoft au total. C'est énorme. Le mémo interne d'Asha Sharma parle de la restructuration la plus importante de l'histoire de Xbox, et pour une fois la formule n'est pas exagérée. La dirigeante, passée par Meta et Instacart puis par la division IA de Microsoft, avait remplacé Phil Spencer en février dernier, après 38 ans de maison. Elle n'aura donc pas mis six mois à sortir la hache.
Quatre studios quittent le navire
Compulsion Games (South of Midnight) et Double Fine (Psychonauts 2) deviennent indépendants et repartent avec leurs licences, leur catalogue et de quoi financer leur prochain projet. Ninja Theory et Undead Labs sont eux cédés à de nouveaux propriétaires, avec des accords censés garantir la sortie du prochain jeu Senua et de State of Decay 3. Le cas d'Arkane Lyon est encore flou, le droit français imposant une consultation des représentants du personnel avant toute décision sur le studio et son jeu Blade. Activision, Blizzard, Bethesda, Mojang, Obsidian et Halo Studios restent chez Microsoft, mais aucun n'échappe aux coupes.
Des comptes dans le rouge vif
Le mémo de Sharma est d'une grande franchise : notre activité aujourd'hui n'est pas saine, écrit-elle, avec des marges 3 à 10 fois inférieures à celles des plateformes et éditeurs comparables. Xbox a parié en même temps sur la console, le PC, le mobile, le cloud et le Game Pass, en changeant de cap plus vite que ses studios ne pouvaient livrer de jeux. Résultat, des franchises jamais financées au niveau de la concurrence et un Game Pass qui a perdu des millions d'abonnés après sa hausse de 50% d'octobre dernier, au point que Sharma avait déjà fait machine arrière sur les prix en avril. Tout ça un an après les 9 000 suppressions de postes de l'été 2025, qui avaient déjà emporté Perfect Dark et le studio The Initiative.
On en dit quoi ?
Le rachat d'Activision Blizzard pour 69 milliards de dollars devait faire de Xbox le plus gros éditeur de la planète, et trois ans plus tard on démonte pièce par pièce ce que Phil Spencer avait assemblé. C'est quand même un aveu d'échec violent. Le diagnostic financier de Sharma est difficile à contester, sauf que voilà, ce sont 3 200 salariés et quelques studios adorés des joueurs qui paient les pivots ratés de la direction. Vu l'historique récent, les joueurs ont surtout appris à ne plus croire les mémos.