Adam Mosseri, le patron d'Instagram, a publié un long message sur Threads pour partager sa vision de 2026. Son constat est sans appel : les images générées par IA envahissent les fils d'actualité, et l'esthétique soignée qui a fait le succès de la plateforme appartient désormais au passé.
De l'IA partout
La fin d'une époque
Dans son mémo de fin d'année, Mosseri reconnaît que les feeds Instagram se remplissent de « contenus synthétiques en tout genre ». Pour lui, cette vague d'images générées par intelligence artificielle signe la mort du feed parfait, ces mosaïques de photos carrées minutieusement retouchées qui ont défini Instagram pendant plus d'une décennie. Le patron du réseau social l'admet sans détour : pendant la majeure partie de sa vie, il pouvait supposer que les photos qu'il voyait capturaient des moments réels. Ce n'est plus le cas.
Certifier le vrai plutôt que traquer le faux
Face à ce raz-de-marée, Mosseri propose une approche différente. Plutôt que de s'épuiser à détecter les contenus générés par IA, Instagram envisage de certifier les contenus authentiques. L'idée : demander aux fabricants d'appareils photo d'intégrer une signature cryptographique au moment de la prise de vue. Une sorte d'empreinte numérique qui prouverait qu'une image n'a pas été fabriquée par un algorithme. Meta reconnaît au passage ses difficultés à identifier de manière fiable les contenus manipulés, malgré des investissements massifs dans l'IA.
Le règne du brut et de l'imparfait
Pour Mosseri, les créateurs qui veulent prouver leur authenticité devront miser sur le « brut » et l'« imparfait ». Photos mal cadrées, lumière naturelle, petits défauts : autant de signes qu'une image a été capturée par un humain et non générée par une machine. Il note aussi un changement de comportement : les utilisateurs partagent de moins en moins sur leur feed public et privilégient les messages privés pour les moments qui comptent vraiment. L'authenticité devient une ressource rare, et donc précieuse.
On en dit quoi ?
Le discours de Mosseri est clairement un aveu d'impuissance, mais aussi une promesse de renouveau, peut-être un peu vaine. Instagram, qui a bâti sa popularité sur des photos léchées et des filtres, doit maintenant convaincre ses utilisateurs que le flou et les imperfections ont de la valeur. C'est assez dingue quand on sait que la plateforme a passé des années à nous vendre exactement l'inverse. Reste à voir si les utilisateurs suivront ce virage vers l'authenticité, ou si l'IA finira par produire des images « faussement imparfaites » pour singer le réel (franchement c'est déjà un peu le cas).