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Perplexity renonce à la publicité pour préserver la confiance des utilisateurs

Par Laurence - Publié le

Alors que la plupart des acteurs de l’IA générative cherchent activement de nouveaux leviers de monétisation, Perplexity fait un choix à contre-courant. La jeune pousse spécialisée dans la recherche assistée par IA a décidé de s’éloigner durablement de la publicité, par crainte qu’elle ne nuise à la confiance des utilisateurs.

Perplexity IA Pub


Un revirement après des tests en 2024



Perplexity n’a pourtant pas toujours été opposée aux annonces sponsorisées. Dès 2024, la société avait été l’une des premières à tester l’intégration de réponses sponsorisées apparaissant sous les résultats générés par son chatbot.

Mais cette approche a finalement été abandonnée l’an dernier. Depuis, l’entreprise affirme ne pas envisager de retour en arrière. La raison est simple : la crédibilité des réponses produites par l’IA.

Un utilisateur doit croire qu’il s’agit de la meilleure réponse possible, afin de continuer à utiliser le produit et d’accepter de payer pour celui-ci, explique un cadre de Perplexity au Financial Times. Autrement dit, le moindre doute sur l’indépendance des réponses pourrait suffire à fragiliser le modèle.

Une stratégie qui tranche avec OpenAI



Cette prise de position intervient dans un contexte où OpenAI a récemment franchi un cap symbolique. Plus tôt ce mois-ci, l’éditeur de ChatGPT a commencé à afficher des publicités auprès des utilisateurs disposant d’un compte gratuit ou de l’abonnement Go.

OpenAI assure que ces annonces n’influencent pas les réponses générées, et que les annonceurs n’ont aucun accès aux conversations. Un discours destiné à rassurer, mais qui ne convainc pas tout le monde dans l’écosystème.

Perplexity renonce à la publicité pour préserver la confiance des utilisateurs


Et les autres ?



Chez Anthropic, la ligne est claire : pas de publicité dans Claude. La société a même récemment raillé la décision d’OpenAI, estimant que les annonces ne sont pas compatibles avec sa mission.

Anthropic considère qu’un assistant conçu pour le travail et la réflexion approfondie ne devrait jamais pousser l’utilisateur à se demander si une réponse est réellement utile ou subtilement orientée vers quelque chose de monétisable. Une critique qui rejoint, en creux, les arguments avancés par Perplexity.

Perplexity renonce à la publicité pour préserver la confiance des utilisateurs


Du côté de Google, la situation est plus nuancée. Le groupe intègre déjà de la publicité dans son mode IA et dans les AI Overviews affichés dans les résultats de recherche classiques. En revanche, son chatbot Gemini reste, pour l’instant, exempt d’annonces publicitaires. Cette prudence reflète parfaitement les hésitations du secteur sur la frontière à ne pas franchir entre monétisation et perte de confiance.

La publicité, symptôme d’un modèle économique sous tension



Si les stratégies divergent, le problème de fond est partagé par tous : le coût de l’IA explose. L’entraînement et l’exploitation des grands modèles de langage nécessitent des investissements colossaux en infrastructures, en énergie et en talents, sans réelle rentabilité à ce stade.

La publicité apparaît donc comme une solution tentante pour rassurer investisseurs et marchés. Mais l’exemple de Perplexity montre qu’elle n’est pas sans risques, notamment pour des produits dont la valeur repose presque entièrement sur la fiabilité perçue des réponses.

À mesure que l’IA s’impose dans les usages quotidiens, une question centrale se dessine : les utilisateurs accepteront-ils des assistants financés par la publicité, ou préféreront-ils payer pour une IA perçue comme plus neutre ? Perplexity, en tout cas, semble avoir déjà tranché.