Jensen Huang vient de l'annoncer : les 30 milliards de dollars investis dans OpenAI et les 10 milliards placés chez Anthropic devraient être les derniers investissements directs de Nvidia. La raison officielle : les deux entreprises préparent leur entrée en bourse. Mais entre les tensions géopolitiques et les conflits d'intérêts, la réalité est probablement plus compliquée.
30 milliards au lieu de 100
C'est lors de la conférence Morgan Stanley, le 4 mars à San Francisco, que Jensen Huang a lâché l'info. Nvidia ne devrait plus investir directement dans OpenAI ni dans Anthropic après les engagements en cours. Pour rappel, les 30 milliards injectés dans OpenAI font partie de la levée de fonds de 110 milliards annoncée fin février, aux côtés d'Amazon (50 milliards) et de SoftBank (30 milliards). La valorisation d'OpenAI atteint 730 milliards de dollars, c'est faramineux. Sauf qu'à l'origine, Nvidia devait mettre 100 milliards sur la table dans le cadre d'un accord d'infrastructure. On est passé de 100 à 30, et Huang annonce que c'est terminé.
Des tensions difficiles à ignorer
L'explication officielle, c'est l'IPO. Les deux entreprises vont entrer en bourse, la fenêtre d'investissement privé se ferme. Sauf que des investisseurs participent à des tours de table quelques semaines avant une introduction, c'est même assez courant. En réalité, les relations se sont nettement dégradées. Dario Amodei, le patron d'Anthropic, a comparé la vente de puces IA à la Chine à de la vente d'armes nucléaires. Il n'a pas nommé Nvidia, mais tout le monde avait compris. Anthropic a ensuite été placée sur liste noire par le Pentagone, alors qu'OpenAI décrochait un contrat de défense quasiment au même moment.
Et le conflit d'intérêts dans tout ça ?
Il y a aussi un sujet que personne n'aborde trop : Nvidia investit des milliards dans des entreprises qui, ensuite, rachètent des puces Nvidia avec cet argent. C'est un peu le serpent qui se mord la queue. Plusieurs analystes qualifient ça d'opération blanche, et ça commence à se voir. Nvidia développe en plus ses propres services d'IA avec DGX Cloud, ce qui en fait un concurrent direct de ses propres clients. La position devenait intenable, et l'IPO d'OpenAI arrive au bon moment pour justifier la sortie.
On en dit quoi ?
Nvidia fait le calcul qui s'impose. Être à la fois fournisseur, investisseur et futur concurrent de ses propres clients, ça ne pouvait pas durer. Les alliances du début de la course à l'IA se défont une par une, et chacun prépare ses positions pour l'après-IPO.