Le feuilleton judiciaire autour d’OpenAI et du mystérieux projet hardware mené avec les anciens d’Apple prend une nouvelle tournure. La startup iyO, spécialisée dans les écouteurs dopés à l’IA, vient de déposer une plainte amendée accusant directement Tang Tan — ex-cadre clé d’Apple et désormais cofondateur de la société io — d’avoir eu accès à ses données confidentielles.
Des secrets industriels au cœur du conflit
Pour rappel, l’affaire remonte à l’acquisition de la startup io fondée par Jony Ive par OpenAI. Très vite, iyO avait attaqué pour violation de marque, estimant que le nom io créait une confusion avec le sien. Mais malgré l’abandon du branding io par OpenAI, le contentieux est loin d’être clos.
Dans cette nouvelle phase, iyO ne se contente plus de contester un nom. L’entreprise accuse carrément OpenAI et ses partenaires d’appropriation de secrets industriels. Selon les documents judiciaires, un ancien ingénieur d’iyO aurait téléchargé des fichiers confidentiels — notamment des modèles CAD et des prototypes — avant de les transmettre à Tang Tan.
Ces éléments auraient permis d’accélérer considérablement le développement des futurs produits d’io, potentiellement de près d’une décennie selon la plainte. Le document détaille même les méthodes employées : renommage de fichiers avec des noms obscurs, exportation de données techniques et accès à des dossiers internes peu de temps avant une rencontre clé à San Francisco entre les différentes parties.
Une guerre autour du futur des interfaces IA
Au-delà de l’aspect juridique, cette affaire révèle surtout une bataille stratégique majeure. Pour rappel, la firme iyO développe des écouteurs intelligents conçus comme une nouvelle interface pour interagir avec l’IA, sans écran ni smartphone.
De leur côté, OpenAI et les anciens d’Apple explorent eux aussi cette nouvelle catégorie d’appareils, même si leur premier produit ne serait finalement ni un wearable ni des écouteurs.
Ce qui se joue ici dépasse donc un simple litige : c’est la prochaine génération d’interfaces homme-machine qui est en jeu, dans un contexte où les géants de la tech et les startups s’affrontent pour définir l’après-smartphone.
Qu'en penser ?
L'affaire est désormais dans les mains de la justice et il faut attendre de vois si elle accepte ces nouvelles accusations et comment OpenAI réagira. Le groupe a jusqu’ici rejeté les allégations, évoquant des discussions normales dans le cadre d’explorations produit. Mais avec cette escalade vers des accusations de vol de propriété intellectuelle, le dossier change de dimension. Entre guerre des talents, course à l’IA et enjeux hardware, cette affaire pourrait bien devenir l’un des feuilletons judiciaires majeurs de la tech dans les années à venir.