Une nouvelle start-up française, My Smart Book, débarque au Festival du Livre de Paris du 17 au 19 avril avec une promesse étonnante : transformer chaque ebook en compagnon conversationnel. Tout ça avec un catalogue de 450 000 titres, une IA basée sur Mistral, et des prix identique aux ebooks classiques.
Dialoguer avec un livre ?
Le principe tient en une phrase : vous achetez un ebook dans l'application, et une IA intégrée peut ensuite résumer un chapitre, expliquer un personnage, adapter une recette ou préparer un itinéraire de voyage. Les fondateurs Emmanuel Marie-Cardine et Stéphane Amiot, tous deux issus du monde de l'édition (Interforum Editis, Media Participations, Hachette), assurent que l'IA ne répond qu'à partir du contenu du livre acheté, sans aller piocher sur Internet. Pratique pour un guide de voyage, moins évident pour un roman.
450 000 titres et un prix sans surcoût
Côté catalogue, My Smart Book annonce environ 450 000 titres disponibles dès l'ouverture, grâce à un partenariat avec Ipagine Éditions qui gère la distribution numérique. Le prix reste celui des ebooks habituels, sans supplément pour la couche IA, et un classique de la littérature est offert à l'inscription.
L'application est disponible sur iOS, Android et navigateur. La start-up vise un chiffre d'affaires de 6 à 7 millions d'euros à trois ans, avec une levée de fonds d'un million prévue au second semestre 2026. Pour financer la partie IA, elle prévoit aussi d'éditer ses propres classiques du domaine public entre 2 et 3 euros minimum.
Une 'IA souveraine ?
Pour rassurer les éditeurs et les auteurs, My Smart Book insiste lourdement sur sa technologie : modèles Mistral AI, hébergement Scaleway, données qui restent en Europe. Le discours martèle le respect du droit d'auteur et des DRM. Sauf que voilà : Mistral AI est ciblé par plusieurs éditeurs français, dont Nouveau Monde Éditions, qui l'accusent d'avoir entraîné ses modèles sur des centaines d'ouvrages sans autorisation. Utiliser Mistral pour vendre un produit présenté comme respectueux des auteurs, c'est peut-être délicat, même si techniquement le chatbot n'accède qu'au livre acheté une fois le produit déployé.
On en dit quoi ?
On a envie d'y croire, parce que l'équipe connaît bien la chaîne du livre et que l'idée de pouvoir interroger un guide de voyage ou une recette en temps réel, c'est franchement pas mal. Pour les romans par contre, dialoguer avec un personnage reste un exercice un peu gadget, qui risque surtout d'amuser les lecteurs curieux la première semaine, mais qui pourrait dénaturer en partie une oeuvre. On verra si le public suit, et si les libraires physiques ne grincent pas trop des dents en voyant débarquer une énième solution 100% numérique. Pour tester, rendez-vous stand BAL A31 au Grand Palais pendant le Salon du Livre.