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Coup dur pour Google : le Nobel de Chimie part chez Anthropic

Par Laurence - Publié le

C’est probablement l’un des transferts les plus marquants de l’année dans le monde de l’intelligence artificielle. John Jumper, le chercheur à l’origine d’AlphaFold et co-lauréat du prix Nobel de chimie 2024, quitte Google DeepMind pour rejoindre Anthropic, la société derrière Claude. Au-delà d’un simple changement d’employeur, ce départ pourrait révéler une bataille beaucoup plus profonde entre les grands laboratoires d’IA pour attirer les meilleurs chercheurs de la planète.

Anthropic Google


Le chercheur qui a résolu un problème de 50 ans



Le nom de John Jumper est peut-être peu connu du grand public, mais son travail a profondément marqué la science moderne. À la tête du projet AlphaFold chez DeepMind, il a contribué à résoudre l’un des plus grands défis de la biologie : prédire la structure tridimensionnelle des protéines à partir de leur simple séquence d’acides aminés.

Un problème sur lequel les chercheurs butaient depuis plus d’un demi-siècle. La technologie développée par DeepMind permet aujourd’hui d’accéder à des prédictions concernant plus de 200 millions de protéines, ouvrant la voie à de nouvelles avancées dans la compréhension des maladies, la conception de médicaments ou encore la recherche biomédicale. Cette contribution lui a valu de partager le prix Nobel de chimie en 2024.

Coup dur pour Google : le Nobel de Chimie part chez Anthropic


Anthropic versus Deepmind ?



Pour Anthropic, ce recrutement ressemble à une véritable démonstration de force. Fondée par d’anciens chercheurs d’OpenAI, la société s’est imposée ces dernières années comme l’un des principaux concurrents d’OpenAI et de Google grâce à son assistant Claude. Mais jusqu’à présent, Anthropic restait surtout associée aux grands modèles de langage.

L’arrivée de John Jumper pourrait signaler une évolution beaucoup plus ambitieuse. En recrutant l’un des plus grands spécialistes mondiaux de l’IA appliquée aux sciences, Anthropic semble vouloir accélérer ses travaux dans des domaines comme la biologie, la chimie, la découverte de médicaments ou encore la recherche fondamentale.

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A priori, John Jumper ne serait pas le seul départ notable au sein de DeepMind. Les détails restent encore flous. Plusieurs chercheurs de premier plan auraient récemment quitté ou envisageraient de quitter l’organisation.

Depuis la fusion entre Google Brain et DeepMind en 2023, Google a créé l’un des plus grands laboratoires d’intelligence artificielle au monde. Et cette structure gigantesque pilote aujourd’hui Gemini, les recherches en robotique ou encore de nombreux projets scientifiques. Mais gérer une organisation de cette taille n’est pas toujours simple. Comme souvent dans la Silicon Valley, les questions d’autonomie, de culture d’entreprise et de stratégie peuvent rapidement devenir des sujets sensibles.

La nouvelle bataille de l'IA : la science



Le départ de John Jumper illustre également une tendance de fond. Après la course aux chatbots et aux assistants conversationnels, les géants de l’IA s’intéressent désormais de plus en plus aux applications scientifiques. OpenAI multiplie les initiatives autour de la recherche. Microsoft investit massivement dans la découverte de médicaments assistée par IA. Meta développe ses propres modèles de prédiction de structures protéiques.

L’objectif est désormais d'utiliser l’intelligence artificielle pour accélérer des découvertes que les chercheurs humains mettent parfois des années à réaliser. Et dans ce domaine, peu de chercheurs disposent d’un palmarès comparable à celui de John Jumper.

Qu'en penser ?



Le départ du père d’AlphaFold dépasse largement le simple cadre des ressources humaines. Il montre un nouvelle fois à quel point la guerre des talents est devenue stratégique dans l’industrie de l’IA. Les entreprises ne se battent plus seulement pour attirer des ingénieurs capables d’améliorer des chatbots, mais aussi des chercheurs susceptibles de transformer des secteurs entiers comme la médecine, la chimie ou la biologie.