Google Cloud vient de décrocher un contrat stratégique avec la NOAA, l’agence américaine chargée des prévisions météorologiques. Ses infrastructures de calcul haute performance serviront désormais à exécuter les modèles météo du pays, avec l’ambition de rendre les prévisions plus rapides, plus précises et plus fiables. Une première pour l’un des plus grands centres de prévision météorologique au monde, qui abandonne progressivement ses supercalculateurs traditionnels au profit du cloud public.
UNE NOUVELLE GÉNÉRATION DE SUPERCALCULATEURS
Le projet concerne le Weather and Climate Operational Supercomputing System (WCOSS), la plateforme qui exécute les simulations atmosphériques utilisées quotidiennement pour prévoir la météo. Jusqu’à présent, ces calculs reposaient principalement sur des infrastructures locales. Désormais, ils s’appuieront sur les machines virtuelles H4D de Google Cloud, équipées des processeurs AMD EPYC de cinquième génération.
Ces serveurs sont spécialement conçus pour les calculs scientifiques massifs. Ils offrent une puissance de traitement élevée ainsi qu’un réseau à très faible latence, deux éléments indispensables pour exécuter des simulations météorologiques complexes faisant intervenir des milliards de données. Google compare cette architecture à un convoi de véhicules circulant sur une autoroute dédiée, capable de partager instantanément les informations entre chaque unité, plutôt qu’à une flotte de véhicules fonctionnant de manière indépendante.
DES PRÉVISIONS PLUS RAPIDES ET PLUS PRÉCISES
Grâce à cette infrastructure, les météorologues et les chercheurs de la NOAA pourront tester plus rapidement de nouveaux modèles numériques et intégrer plus facilement les dernières avancées scientifiques. L’objectif est d’améliorer la précision des prévisions, qu’il s’agisse des phénomènes météorologiques quotidiens ou d’événements extrêmes comme les ouragans, les tempêtes ou les incendies.
Cette transition vers le cloud doit également offrir davantage de flexibilité aux équipes scientifiques, qui pourront adapter plus facilement leurs capacités de calcul en fonction des besoins.
Image : NOAA
UNE COLLABORATION QUI DURE DEPUIS PLUSIEURS ANNÉES
Ce contrat ne constitue pas une première entre Google et la NOAA. Les deux organisations collaborent déjà depuis plusieurs années sur différents projets liés à la gestion de données environnementales, à la surveillance des incendies en temps réel ou encore à la protection des écosystèmes marins. Google rappelle également que la NOAA avait adopté Google Workspace dès 2011 comme suite collaborative.
Plus récemment, plusieurs projets pilotes ont permis d’explorer les possibilités offertes par l’intelligence artificielle. Parmi eux figure WeatherNext, un modèle développé par Google DeepMind et Google Research, utilisé par la NOAA pour anticiper l’arrivée de l’ouragan Melissa. Selon Google, ce modèle aurait permis de prévoir son impact en catégorie 5, cinq jours avant son arrivée sur les côtes, facilitant ainsi les alertes et les évacuations. L’agence explore également l’utilisation de Gemini for Government afin de développer des applications d’IA destinées à assister ses chercheurs.
Qu’en penser ?
La migration des supercalculateurs de la NOAA vers Google Cloud constitue bien plus qu’un simple changement d’infrastructure. Elle témoigne de la place croissante qu’occupent le cloud et l’intelligence artificielle dans la recherche scientifique et les services publics. Si cette modernisation tient ses promesses, elle pourrait améliorer la qualité des prévisions météorologiques tout en ouvrant la voie à de nouveaux usages de l’IA dans les sciences du climat. Reste désormais à voir si d’autres agences météorologiques à travers le monde suivront la même stratégie.