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Trois grands éditeurs, dont Hachette, attaquent Google à cause de Gemini

Par Vincent Lautier - Publié le

Google se retrouve à son tour devant la justice américaine. Trois grands éditeurs, dont Hachette, accusent le géant d'avoir entraîné son IA Gemini sur des millions de livres protégés, sans autorisation ni le moindre paiement. Et le plus gênant, c'est qu'un document interne de Google chiffrait déjà le risque en dizaines de milliards de dollars.

Trois grands éditeurs, dont Hachette, attaquent Google à cause de Gemini


Une plainte de plus pour Google



Le 10 juillet, un recours collectif a été déposé devant le tribunal fédéral de New York par Hachette Book Group, l'éditeur spécialisé dans l'éducation Cengage et le géant de l'édition scientifique Elsevier, rejoints par le romancier Scott Turow et sa maison d'édition. Ils reprochent à Google d'avoir utilisé des millions d'ouvrages protégés pour entraîner Gemini, sans jamais demander l'accord ni rémunérer les ayants droit. Les plaignants parlent même de l'une des plus vastes violations de droit d'auteur de toute l'histoire. Et Google arrive après Meta et OpenAI, déjà visés par des plaintes du même genre.

Trois grands éditeurs, dont Hachette, attaquent Google à cause de Gemini


Des livres pris un peu partout



Ce qu'on lui reproche, c'est d'avoir puisé dans ses propres services, à savoir Google Books, Google Play Books et Google Scholar, alors que ses droits se limitaient à la recherche, l'affichage d'extraits ou la vente, sûrement pas à nourrir une IA. La plainte va plus loin et affirme que Google a aussi récupéré des textes sur le web, y compris sur des sites pirates connus, et contourné les péages de sites universitaires pour aspirer des articles scientifiques. Pire, les éditeurs accusent l'entreprise d'avoir effacé ou modifié les informations de copyright pour dissimuler que Gemini avait été entraîné sur des documents volés.

Trois grands éditeurs, dont Hachette, attaquent Google à cause de Gemini


Le mémo qui fait très mal



Le vrai coup dur, c'est un document interne de Google cité dans la plainte. On peut y lire que l'usage des livres passés par Google Play Books serait "hautement problématique" pour l'entreprise, avec un risque estimé entre dix et cent milliards de dollars d'amendes. Autrement dit, Google aurait su en interne que la manoeuvre était juridiquement explosive, et aurait foncé quand même. Les éditeurs réclament des dommages et intérêts, mais aussi une injonction pour faire cesser purement et simplement l'utilisation de leurs œuvres.

On en dit quoi ?



C'est quand même quelque chose de voir une entreprise chiffrer elle-même, noir sur blanc, le prix de sa propre infraction, et y aller malgré tout. Le fond du problème dépasse Google, toutes les grosses IA se sont visiblement servies dans la production humaine sans trop demander leur avis aux créateurs. Mais avec un mémo aussi accablant sous le coude, les éditeurs tiennent là un dossier autrement plus solide que de simples soupçons. Google va avoir du mal à jouer les innocents cette fois.