Dassault a testé deux algorithmes d'intelligence artificielle à bord du Rafale, l'un développé en interne et l'autre avec Thales. Ces fonctions doivent assister l'équipage et pourraient intégrer les prochaines évolutions de l'avion de combat, avec une supervision humaine prévue dès leur conception.
Une aide au pilote
L'annonce du 22 septembre porte sur des essais en vol, avec une IA maison et une seconde conçue en collaboration avec cortAIx, l'accélérateur d'IA de Thales. Dassault estime leur développement assez avancé pour envisager de les intégrer aux futures versions du Rafale, mais garde pour lui le détail de leurs missions. Impossible donc de vous dire ce que chacune a fait pendant les essais, ni de leur attribuer une fonction de pilotage automatique. Le constructeur parle d'une IA maîtrisée et supervisée, au service des personnes présentes dans le cockpit.
Des moyens comptés
Pour fonctionner à bord, ces logiciels doivent composer avec les ressources limitées de l'avion. Dassault cite aussi la qualité et la disponibilité des données, qu'elles proviennent d'opérations réelles ou de simulations, parmi les difficultés à résoudre.
Le travail avec Thales prolonge un accord signé en novembre 2025, dont le périmètre dépasse largement ce seul essai. Les deux groupes veulent développer des fonctions d'IA pour les avions avec équipage comme pour les appareils sans pilote, depuis l'observation d'une situation jusqu'à la préparation d'une action. L'analyse des informations et l'aide à la décision font aussi partie des domaines prévus. On comprend donc assez bien où Dassault et Thales veulent aller, même si cette feuille de route ne permet pas de connaître les tâches confiées aux deux algorithmes en question.
Des essais distincts
Dassault a déjà montré un autre exemple de coopération entre machines en juillet, avec Harmattan AI. Un drone équipé de NAMIB, un système de guerre électronique, a localisé un radar à plusieurs dizaines de kilomètres avant d'envoyer sa position à un Rafale F4. Le chasseur a ensuite simulé une passe de tir sur cet objectif. Le drone avait donc fourni à l'avion une information obtenue à distance, pendant un exercice en vol. Cette démonstration concernait un équipement différent, et ne donne pas davantage le mode d'emploi des deux nouvelles IA.
On en dit quoi ?
Voir des industriels français faire voler leurs propres logiciels est clairement encourageant, et l'assistance au pilote paraît être un usage bien plus sérieux que beaucoup de fonctions auxquelles on colle une étiquette IA. On préfère quand même juger ces systèmes sur le travail qu'ils enlèveront réellement aux équipages, car une aide qui demande de vérifier chaque proposition peut vite devenir encombrante. Le passage aux essais en vol est une bonne étape pour s'en assurer.