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Un milliard de morts : Bill Gates veut que les États surveillent l'intelligence artificielle

Par Vincent Lautier - Publié le

Bill Gates ne prend plus de pincettes. Le cofondateur de Microsoft estime que l'intelligence artificielle est certainement assez puissante pour provoquer des événements causant un milliard de morts, et il réclame des lois fédérales pour encadrer le secteur, car selon lui l'autorégulation des géants de la tech ne suffit plus. Rien que ça.

Un milliard de morts : Bill Gates veut que les États surveillent l'intelligence artificielle


Une arme jamais vue



Les propos viennent d'un entretien accordé à la journaliste Kristen Welker pour l'émission Meet the Press de NBC. Bill Gates y décrit une menace d'une ampleur inédite : il n'y a jamais eu d'arme aussi puissante que la combinaison de personnes mal intentionnées et des derniers outils d'IA. Dans son esprit, ça va des cyberattaques rendues accessibles à n'importe qui jusqu'à la conception d'agents pathogènes, un risque de bioterrorisme que le milliardaire de 70 ans agite depuis des années dans ses conférences. D'où ce chiffre : l'IA est d'après lui certainement assez puissante pour provoquer des événements qui causent un milliard de morts.

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Mais il propose quoi ?



La réponse de Gates tient en une phrase : personne ne pense que l'autorégulation est suffisante. Quand la journaliste lui demande si le Congrès doit voter des lois, il répond absolument, et il veut voir les forces de l'ordre et les politiques s'asseoir autour de la table pour définir les garde-fous et la surveillance des modèles. Et à la Silicon Valley qui hurle au frein sur l'innovation dès qu'un texte de loi pointe le bout de son nez, il répond par avance que ce contrôle ajouterait un peu de charge supplémentaire pour l'industrie, mais pas un ralentissement dramatique. Autant dire pas grand-chose.

Tout le monde légifère, sauf Washington



L'Europe a son AI Act depuis 2024, et même la Californie s'est votée en 2025 une loi sur les grands modèles. Le Congrès américain, lui, n'a toujours rien adopté du tout. Résultat, chaque État bricole ses propres règles dans son coin, et les entreprises du secteur pestent contre ce mille-feuille en réclamant un cadre unique qui n'arrive jamais. Gates, de son côté, n'a rien d'un ennemi de la technologie, et c'est bien ça le plus intéressant : Microsoft, la société qu'il a cofondée en 1975, a englouti plus de 13 milliards de dollars dans OpenAI, et l'intéressé répète partout que l'intelligence artificielle va transformer la santé et l'éducation. Il ne veut donc pas saboter la machine. Juste lui coller un gendarme.

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On en dit quoi ?



Un pionnier de l'informatique qui réclame lui-même la surveillance de l'État, ça ne court pas les rues, et ça mérite qu'on l'écoute. La position est confortable bien sûr : une réglementation musclée gênera toujours plus les petits nouveaux que les géants installés. Mais sur le fond, il a raison, tout simplement. Des arnaques vocales automatisées aux modèles capables d'aider à dessiner une arme biologique, il y a trop de choses en jeu pour laisser les entreprises seules juges de leurs garde-fous. Les réseaux sociaux se sont autorégulés pendant quinze ans. On a vu le résultat.