L’intelligence artificielle continue de faire exploser les compteurs. Et dans certains cas, cela peut faire des heureux : Samsung vient en effet d’annoncer des prévisions financières spectaculaires pour le troisième trimestre 2026, avec un bénéfice opérationnel estimé à plus de 80 milliards de dollars. Un record mondial pour une entreprise technologique, porté par la flambée des prix des puces mémoire. Mais derrière ces chiffres impressionnants, toutes les activités du groupe ne sont pas à la fête.
Un bénéfice multiplié par neuf en un an !
Samsung Electronics vient de publier ses premières estimations financières pour le troisième trimestre 2026, et les chiffres donnent le vertige. Il anticipe en effet un bénéfice opérationnel de 107 400 milliards de wons, soit environ 80,2 milliards de dollars, pour la période allant de juillet à septembre.
Il s’agirait du bénéfice opérationnel trimestriel le plus élevé jamais annoncé par une entreprise technologique. Samsung dépasserait ainsi, pour la première fois, le seuil symbolique des 100 000 milliards de wons. Plus impressionnant encore, ce résultat serait près de neuf fois supérieur à celui enregistré un an auparavant.
Le chiffre d’affaires suivrait la même tendance, avec une progression attendue de 127 % sur un an, à 195 000 milliards de wons. Samsung enchaînerait ainsi un quatrième trimestre consécutif de bénéfices opérationnels records. Une performance qui dépasse légèrement les attentes des analystes, lesquels tablaient sur 106 100 milliards de wons.
L’intelligence artificielle fait flamber les prix des puces
Sans surprise, cette croissance spectaculaire repose essentiellement sur les semi-conducteurs. Car Samsung est le premier fabricant mondial de puces mémoire, et la multiplication des investissements dans les infrastructures d’intelligence artificielle provoque une véritable pénurie. Les centres de données consomment des quantités considérables de mémoire, notamment des puces HBM (High Bandwidth Memory), indispensables aux accélérateurs utilisés pour entraîner et faire fonctionner les modèles d’IA.
Mais la demande concerne également les mémoires DRAM classiques et NAND, dont les prix ont fortement augmenté ces derniers mois. Selon Douglas Research Advisory, les volumes de mémoire HBM expédiés par Samsung auraient progressé de près de 50 % entre le deuxième et le troisième trimestre. Cette situation profite également à SK Hynix et Micron, les deux autres grands acteurs du secteur. Et la pénurie pourrait durer : Samsung et Micron anticipent un déséquilibre entre l’offre et la demande jusqu’en 2028.
Les smartphones Galaxy ne profitent pas de cette embellie
Paradoxalement, ce qui fait la fortune de la division mémoire pénalise les autres activités de Samsung. La hausse du prix des composants pèse notamment sur les coûts de fabrication des smartphones, des téléviseurs et des appareils électroniques. Selon les analystes, la division mobile aurait enregistré une perte supérieure à un milliard de dollars au troisième trimestre, un résultat plus mauvais qu’anticipé.
Même situation pour l’activité de fabrication de puces pour des clients tiers, appelée foundry, qui resterait déficitaire. Samsung cherche pourtant à réduire son retard sur TSMC dans la fabrication des semi-conducteurs les plus avancés. Une amélioration du taux d’utilisation de ses usines pourrait toutefois contribuer à réduire ces pertes dans les prochains trimestres.
Jusqu’à quand cette croissance peut-elle durer ?
Malgré ces résultats exceptionnels, les investisseurs restent prudents. L’action Samsung a perdu plus de 25 % depuis son sommet de juin, sur fond d’interrogations concernant la pérennité des investissements massifs dans l’IA.
La hausse des prix des mémoires commence également à ralentir. TrendForce prévoit une augmentation de 10 à 15 % des prix contractuels de la DRAM au quatrième trimestre, contre environ 60 % au deuxième trimestre.
Les analystes anticipent donc une progression du bénéfice de 8,2 % au quatrième trimestre, après une hausse de 20 % au troisième. Samsung publiera ses résultats financiers détaillés le 29 octobre, avec notamment la répartition des performances entre ses différentes divisions.
Qu’en penser ?
Ces chiffres illustrent à quel point l’intelligence artificielle bouleverse l’industrie technologique. Samsung profite pleinement de la pénurie de mémoire, au point d’afficher des bénéfices historiques. Mais le contraste avec les pertes de sa division mobile est saisissant : les composants qui enrichissent Samsung rendent aussi ses propres smartphones plus coûteux à produire. Reste à savoir combien de temps cette situation pourra durer, notamment si les investissements dans l’IA commencent à ralentir.