Après neuf mois de retard, le smartphone à 499 dollars de la famille Trump est enfin entre les mains des premiers testeurs américains. Le verdict est sans appel : le T1 ressemble fortement à un T-Mobile REVVL 7 Pro rebadgé, fabriqué en Chine, et vendu deux fois plus cher que l'original. L'étiquette "Made in USA" a déjà disparu du site officiel.
Visuel : CNET
Un lancement repoussé neuf mois
C'est Donald Trump Jr. et Eric Trump qui ont présenté Trump Mobile en juin 2025, depuis la Trump Tower. La promesse était claire : un opérateur télécom et un smartphone "fabriqués aux États-Unis", avec une livraison prévue dès septembre. Sauf que voilà, les premiers modèles ont commencé à partir seulement fin mai 2026, après plusieurs reports successifs. Les premiers exemplaires ont été envoyés à la presse cette semaine, et les clients ayant précommandé reçoivent enfin leur appareil. D'après les chiffres officiels, quelques 590 000 précommandes ont été enregistrées, pour 59 millions de dollars de dépôts encaissés.
Une fabrication américaine qui ressemble à un téléphone chinois
Le problème principal, c'est l'origine de ce sacré T1. Plusieurs experts ont identifié l'appareil comme une variante du T-Mobile REVVL 7 Pro 5G, fabriqué par l'entreprise chinoise Wingtech Technology, avec un simple assemblage final réalisé à Miami. Sur le site de Trump Mobile, la mention "Made in the USA" a discrètement été remplacée par "Proudly American" et "designed with American values in mind", tout simplement.
Certains exemplaires affichent un drapeau américain avec 11 bandes au lieu de 13. Côté caractéristiques, on retrouve un écran AMOLED de 6,78 pouces en 120 Hz, un Snapdragon de la série 7, 12 Go de RAM, 512 Go de stockage et une batterie de 5000 mAh avec une charge filaire à 30W, du très classique donc. La prise jack 3,5 mm est bien là, ça reste un bon point pour les nostalgiques.
Un prix qui passe mal face
À 499 dollars, le T1 a du mal à se défendre face à la concurence. Le REVVL 7 Pro original, dont il dérive directement, a été lancé à 249 dollars en 2024 et se trouve aujourd'hui entre 99 et 130 dollars. Tech Advisor pointe aussi une forte parenté technique avec le HTC U24, sorti il y a deux ans. La caméra téléobjectif plafonne à un zoom 2x, là où le Motorola Edge 2025 propose un 3x, et l'ultra-grand-angle se contente d'un capteur 8 MP quand Samsung et Motorola sont équipés d'un 12 MP.
Trump Mobile ne s'engage par contre sur aucune mise à jour Android garantie, alors que Samsung promet six mises à jour majeures sur le Galaxy A57. Le téléphone est même livré avec Android 15 à quelques mois de la sortie d'Android 17. George Edwards, analyste chez Quandary Peak Research, lâche : sans le branding Trump, la majorité des experts du secteur diraient que ce téléphone n'offre pas un bon rapport qualité-prix à ce tarif. C'est peu dire.
On en dit quoi ?
On n 'est pas vraiment surpris. On promet ici du "Made in USA", on encaisse 59 millions de dollars de précommandes, et neuf mois plus tard on livre un téléphone chinois rebadgé avec un drapeau mal imprimé. La communication officielle a déjà fait machine arrière sur l'origine, et le rapport prix-prestations est indéfendable face à un très bon Motorola Edge ou un Samsung Galaxy A57 mieux équipés. Il y a aussi l'aspect politique : le T1 ne s'adresse clairement pas aux amateurs de fiches techniques, mais à un public fidèle qui voit dans l'achat un geste de soutien. Pour eux, c'est tout choisi. Pour les autres, le calcul est vite fait.